Publié le 28/5/2009
Hors des sentiers battus, il y a un salut !
par Alain Michaud (Chronique du Tam-Tam)
Affirmons-le haut et fort d’entrée de jeu : le groupe “La patère rose” fait fi du traditionnel couplet-refrain-couplet mélodique universel à sens unique. Les 25 braves qui se sont déplacés par un beau jeudi soir de mai, le 21 pour être plus précis, ont été témoins de ce verdict sans appel.
La musique de ce trio se veut un croisement d’électro, de jazz et de classique, qui a pour résultat de former une essence peu répandue dans la forêt musicale québécoise. Fanny Bloom, piano, accordéon et voix, Roboto, claviers, et Kilojules, batterie, tables tournantes et sons électroniques, composent ce triumvirat innovateur.
Le spectacle a débuté par un solo au piano de Fanny Bloom. Elle a interprété l’épilogue de Chamord-sur-mer, pièce au coloris fragile et délicat. Les deux autres membres du groupe se sont ensuite joints à elle pour la première chanson de la soirée, Les bonnes soeurs.
Un fossé qui se rétrécit
Le groupe présentait son album éponyme sorti il y a à peine deux mois. Malgré la variété du répertoire et la qualité du jeu des musiciens, je sentais un fossé entre le groupe et les gens. Peu loquace jusqu’alors, Fanny Bloom a pris le temps de parler à son public avant d’interpréter la cinquième chanson. Elle a cité en exemple l’accueil par le personnel du Complexe, le succulent repas que les musiciens ont pu déguster, et la vue imprenable qu’offre la route 155 jusqu’à La Tuque.
Cette initiative a comblé ce fossé. Le spectacle s’est ensuite déroulé dans une ambiance plus chaleureuse et conviviale.
L’originalité du groupe réside dans les fluctuations rythmiques de ses chansons. Psycho killer, Tourbillion et Jessicok en sont des figures emblématiques. D’autres chansons possédaient tout de même une structure plus conventionnelle, mais s’y prêtaient bien.
Une voix caméléon et une présence théâtrale
Fanny Bloom sème sa voix honnête à tous les vents : tonalités aiguës et basses, murmures, cris, et vocalises. Toutefois, le flot de ses paroles se noyait dans l’océan des instruments, les rendant incompréhensibles dans plusieurs de ses interprétations. Constat malheureusement validé par d’autres personnes après le spectacle.
En revanche, la chanteuse a dévoilé un sens certain du théâtre. Par moments, l’image de Cindy Lauper me venait en tête. Je ne peux qu’imaginer son potentiel démonstratif lorsqu’elle chante devant plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes.
Le spectacle a duré environ une heure. J’ai noté qu’en dépit du faible nombre de spectateurs, ils ont offert une prestation tout à fait professionnelle, sans couper en intensité. En rappel, ils ont interprété le très mélodieux “Duet Tacet”.
Ces gagnants des Francouvertes 2008 ont certes un bel avenir devant eux. À se démarquer comme ils le font de la sonorité traditionnelle de la chanson pop, ils se rallieront de plus en plus d’admirateurs au fil des ans. Une excellente trouvaille qui valait le déplacement, même par un somptueux jeudi de mai.
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