Le Tam-Tam communautaire du Haut St-Maurice (www.letamtamcom.com)

Publié le 3/8/2010

Quelle est la valeur réelle du communautaire ?

Le communautaire : une richesse à ne pas dénigrer !

par le Tam-Tam communautaire du Haut St-Maurice

A. Rhéaume - Les groupes et organismes communautaires, dont le travail est souvent réduit et déprécié à une valeur moindre, restent un secteur d’emplois important au Québec. En effet, on y compte près de 50 000 personnes salariées à travers plus de 8 000 organismes de la province. Oeuvrant bien souvent dans des domaines délaissés par le large public, le travail de ces employé(e)s tarde malheureusement à être reconnu. Néanmoins, la valeur du communautaire est beaucoup plus importante que l’on oserait le croire.

Des chiffres qui en disent long

Des suites d’une présentation du comité de développement social au Conseil d’agglomération de La Tuque, la Corporation de développement communautaire du Haut Saint-Maurice a recueilli différentes données, qui visaient à donner une juste valeur économique à ses différents membres. Ainsi, les informations suivantes concernent l’année financière 2009-2010 et ont été recueillies auprès des groupes communautaires, des entreprises d’économies sociales et de la CDC.

Le budget annuel total accordé à ces groupes communautaires est de 6 346 284 $ ; de ce montant, 4 012 297 $ sont dépensés. De plus, le milieu communautaire constitue une grande richesse au niveau de l’emploi pour notre région ; en effet, ce sont 140 emplois à temps plein et 31 emplois à temps partiel qu’ont permis de créer les organismes.

Les bénévoles sont aussi d’une grande aide dans le milieu communautaire. Cette année, 522 personnes se sont impliquées et ont donné de leur temps dans les organismes de la région. Au total, ce sont 39 236 heures qui ont été offertes gratuitement ; ce travail est d’autant plus considérable car, rémunéré, il représenterait une charge d’un peu plus de 375 000 $ !

Le communautaire : des conditions difficiles et peu salutaires

Malgré tout, le milieu communautaire reste un secteur d’emploi difficile. Selon le rapport d’enquête sur les avantages sociaux dans les groupes communautaires au Québec, réalisés par le Centre de formation populaire (CFP) et Relais-femmes, seulement 3 % des employés de ce milieu sont à ce jour syndiqués, et 35,5 % des répondants offrent un régime d’assurance collective. Les fonds de retraite posent également problème : seul un mince 9,7 % des répondants ont affirmé offrir ces conditions à leurs employés.

Cette situation demeure fort dommageable, car le milieu communautaire est, à proprement dit, un véritable “ghetto d’emplois féminins”. Les femmes occupent 80 % des emplois, et sont donc ainsi les principales victimes de ces mauvaises conditions de travail. Ainsi, elles sont une fois de plus supérieures face aux hommes à écoper de cette situation inacceptable.

De plus, assumer la relève ne sera certainement pas une mince tâche, car on assistera au cours des dix prochaines années au départ en masse vers la retraite des membres de la génération des baby-boomers. La retraite demeurera également une étape difficile, car bon nombre d’entre eux ne pourront bénéficier que des régimes publics ; ils seront ainsi réduits à vivre sous le seuil de la pauvreté.

Ainsi, la survie des groupes communautaires à long terme dépend nécessairement d’une amélioration des conditions salariales et de travail, telles que la mise en place de régime d’assurance collective et de retraite. Un travail important reste à accomplir ; néanmoins, vu la richesse que démontrent les groupes communautaires et les entreprises d’économie sociale pour notre population, tant au niveau des services offerts que des milieux qu’ils touchent, il est plus qu’essentiel d’effectuer un travail de front.

Amélie Rhéaume
Le Tam-Tam communautaire

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