Publié le 1/11/2007
Le déclin de la forêt
par Le Tam-Tam communautaire du Haut St-Maurice (Opinions des lecteurs)
Présentement, on parle de crise forestière, mais on oublie d’aborder le manque de planification à long terme. Si rien n’est fait pour réglementer les coupes barbares tolérées présentement, dans dix ans “l’Erreur boréale” s’étendra à la grandeur de la province.
En 1956, j’ai eu un emploi d’étudiant pour la Canadian International Paper Company (C.I.P.) Woodland au “creek” Bastien au sud-est de La Tuque. Il y avait un inspecteur qui vérifiait le diamètre des arbres coupés ; s’il était moins de huit pouces, le bûcheron était avisé et s’il récidivait, il pouvait être congédié. Quelle différence avec aujourd’hui !
Le long de la rivière St-Maurice, de St-Jean des Piles à Grand-Mère, il y avait eu des arbres de plantés. En 1975, on pouvait lire sur des pancartes, en bordure de la route : “Ces arbres ont 30 ans, ils feront du papier dans 60 ans”. Ils ont été rasés en 2003, soit 32 ans avant l’échéancier !
En 1975, la compagnie C.I.P. a coupé du bois sur le territoire de notre club de chasse et pêche dans le secteur Windigo. À ce moment-là, il fallait laisser 300 pieds d’arbres autour des lacs. Depuis le mois d’août dernier, les monstres mécaniques ont envahi le territoire et coupent tout, ne laissant que 30 pieds d’arbres autour des lacs. Il ne suffira que d’un bon coup de vent pour les faire tomber dans les lacs. Et que dire du sol ravagé par les énormes pneus des mastodontes mécaniques.
Pour éviter que de tels désastres se répètent journellement, il faut que les décideurs sortent de leurs bureaux et descendent sur le terrain constater les dégâts que leurs décisions antérieures causent. Il est impératif qu’il y ait des réajustements à court terme. Évidemment, cela va entraîner des pertes d’emplois. Mais il vaut mieux en perdre 10 % aujourd’hui que 75 % dans 10 ans.
Il faut surveiller les compagnies forestières dont le but premier est de faire d’énormes profits, aujourd’hui. Demain, s’il n’y a plus de bois dans nos forêts : “Pas de problèmes, on s’en va en Chine”, diront-elles…
Monsieur Lacombe,
Vous êtes vraiment dans ma palette de couleurs.
J’ai eu le bonheur de vivre sur la côte ouest de l’Île de Vancouver où les arbres abattus étaient des géants. Les gens se consolaient en disant que les compagnies forestières arrêteraient lorsque tous les gros arbres seraient partis. Eh bien non, que je leur répondais, au Québec, on les coupe même s’ils sont tout petits, tout petits.
Les compagnies forestières ont un lobbying très puissant, ils sont collés sur le pouvoir. Il va falloir être plusieurs à gueuler pour se faire entendre.
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Je pense que tous les usagers qui fréquentent assidûment la forêt voient ces dommages. Je trouve que M. Lacombe est courageux surtout en cette époque où il n’est pas de bon ton de critiquer la façon d’exploiter notre bien commun.
Nous allons voir cet ancien ministre “péquisse” qui du temps où il travaillait pour surveiller notre patrimoine dans le gouvernement du temps, monter aux barricades et semoncer tous ceux qui critiquent la façon de faire des entreprises forestières. Bravo M. Lacombe et tout ce que l’on peut souhaiter, c’est que d’autres citoyens qui ont à coeur le respect de notre patrimoine se lève et dénoncent ces abus.