Le Tam-Tam communautaire du Haut St-Maurice (www.letamtamcom.com)

Publié le 13/5/2010

Spectacle de I Musici au Complexe culturel

L’irremplaçable euphorie du classique en direct

par Alain Michaud (Chronique du Tam-Tam)

C’était soirée classique samedi dernier au Complexe culturel avec la troisième venue à La Tuque de “I Musici”, cet orchestre de chambre d’origine montréalaise de réputation internationale. Les quatorze musiciens sur place ont su manier leurs instruments à cordes (violons, violoncelles et contrebasse) avec une dextérité et un synchronisme parfaits.

La soirée s’est ouverte sur l’interprétation du Concerto n° 1 en mi majeur, dit “Le Printemps”, d’Antonio Vivaldi, de ses célèbres “Quatres saisons”. Ce nom a été donné aux quatre concertos pour violon qu’il a composés vers les années 1720 et dont on recense à ce jour plus de 600 versions différentes.

Une très agréable surprise attendait les spectateurs pour cette pièce d’introduction : c’est la latuquoise d’origine, Madeleine Messier, qui en était la soliste attitrée. Elle a démontré devant ses anciens concitoyens la maîtrise parfaite de son instrument, plus particulièrement durant le deuxième mouvement où délicatesse et douceur doivent s’unir pour faire ressortir le murmure du feuillage et des herbes qui renaissent après la saison froide.

“Le printemps” a été suivi de la “Sérénade pour cordes en mi majeur” d’Antonin Dvorak, compositeur tchèque de la fin du XIXème siècle. C’est une pièce divisée en cinq mouvements qui a été composée en 1875 (en l’espace de seulement douze jours selon la rumeur). Moins connue que “Les quatre saisons”, elle n’en demeure pas moins une pièce agile, remplie de teintes musicales diverses et entraînantes. Durant les premiers mouvements, on s’imagine facilement la dansant sous forme de valse lente.

Une deuxième partie entièrement russe

Après une pause d’une vingtaine de minutes, l’orchestre nous est revenu avec l’interprétation de “Tableaux d’une exposition” de Modeste Moussorgski. Écrite à l’origine pour piano en 1874, cette oeuvre a fait l’objet de plusieurs versions orchestrales au fil du temps :  jazz, fanfare, rock, cuivres, guitares, etc.

Dans cette oeuvre, le compositeur y a décrit en musique une série de dix tableaux qui avait été peints par un de ses grands amis, Victor Hartmann.

I Musici l’a interprété avec arrangements pour musique de chambre avec, en prime, la projection sur grand écran d’un film d’animation assistée par ordinateur. Les dessins avaient été réalisés par la fille du chef d’orchestre, Natalya Turovsky, elle-même membre de l’orchestre, et donc présente sur scène.

La coordination son / images était très bonne et l’animation reflétait bien le thème de chacune des composantes de l’oeuvre (“Le vieux château”, “Catacombe”,  “La grande porte de Kiev”, etc.). “Catacombe” était particulièrement réussie : paysages sombres, longs corridors et, pour conclure, une lumière étincelante à la fin d’un long périple ténébreux.

Un orchestre international

L’orchestre de chambre I Musici (“Les musiciens”) a été fondé en 1983 par Yuli Turovsky, violoncelliste. Il en est le chef depuis sa fondation. Elle se produit plus de cent fois par année de par le monde à des endroits tels que le Lincoln Center à New York, le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, le Seiji Ozawa Hall à Tanglewood, la Gewandhaus à Leipzig, le Kioi Hall à Tokyo, la Tonhalle à Zürich, la Sala Mozart à Zaragoza, le Victoria Hall à Genève et… le Complexe culturel Félix Leclerc à La Tuque ! Ses musiciens, diplômés de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, ont 43 disques compacts à leur actif. 

Ceux qui désirent en connaître davantage sur ce fleuron québécois de la musique de chambre peuvent visiter leur site Web officiel.

Une tradition à conserver

Dans la foule, on pouvait distinguer plusieurs visages, d’époques passées ou de la présente, associés à la vie musicale latuquoise. Par contre, chaque personne qui s’était déplacée pour l’occasion ne devait qu’aimer la musique classique pour ressortir comblée d’une magnifique soirée. I Musici a réussi le tour de force de faire flotter dans la salle les âmes de ces compositeurs célèbres durant près de 90 minutes.

Bon an, mal an, la direction du Complexe trouve le moyen d’inviter un artiste de musique classique de calibre international en ses murs. Nous ne pouvons que saluer ses efforts déployés depuis 10 ans et espérer que la tradition se poursuivra pour la saison 2010-2011, au plus grand bonheur des amateurs de musique classique latuquois.

© Alain Michaud, 2010

Un spectacle de très grande classe. Je pense qu’Alain tu décrit très bien cette soirée. Il ne reste qu’à initier d’autres personnes à venir écouter et aussi pouvoir imager ce genre d’interprétation musicale.

Commentaire de Bélanger, Rémy le 25/5/2010 à 09h37, La Tuque
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