Publié le 9/12/2009
Le club de lecture vous souhaite un joyeux Noël
par le Club de lecture de la Bibliothèque de La Tuque (chronique du Tam-Tam)
Pour cette chronique littéraire, un membre du club de lecture, M. Hervé Tremblay, nous relate un Noël d’antan. Des flocons de neige tombent comme des peaux de lièvres ; une rafale légère se mêle bientôt aux flocons qui montent, descendent et qui se croisent, sans pouvoir toucher la terre givrée.
Depuis plusieurs semaines, les parents préparent les fêtes traditionnelles de Noël et du Jour de l’An. La mère, à la cuisine, s’appareille aux victuailles. Après avoir assisté à la messe et avoir été en famille la crèche de l’Enfant Jésus, les bas sont suspendus près du poêle à bois. Les enfants se font plus sages depuis quelques semaines, car le père Noël ne viendra visiter que ceux-ci.
Le réveillon nous invite à la table ; l’arbre de Noël est allumé, décoré de glaçons et de boules miroitantes, puis, à ses pieds, une crèche que l’aînée de la famille a fabriqué de son mieux, avec des personnages de papier mâché. Les plus grands ont droit à la bière ou au vin, tandis que les enfants boivent de la liqueur à la saveur de banane qui a la coloration de la bière…
Grand-père et grand-mère font partie de la fête ; lui fume sa pipe près du poêle en se berçant et grand-mère raconte aux enfants les histoires de son temps. Tout le monde se souhaite un joyeux Noël ; des veillées auront lieu ici et là chez la parenté.
Des manteaux, des coiffures, des mitaines et des foulards s’entassent sur un lit qui fait office de porte-manteaux de tous ces gens venus fêter, partager dans la générosité. Chez les cousins, les cadeaux sont donnés en ce jour de la naissance du Sauveur, mais, chez nous, la distribution des cadeaux ne se fait qu’au Jour de l’An. Nous nous amusons donc avec les jouets des cousins et cousines ; des jeux de société, des skis, une traîne-sauvage, des patins, sans compter les bonbons marbrés de rouge et ceux en forme de poissons, ainsi que les bâtons forts mentholés.
Parfois, nous nous endormons dans la chaise berceuse ou sur le divan dans le vivoir.
Au Jour de l’an, pour moi, le plaisir est plus intense, ainsi que les sentiments. Assistance à la messe ensemble et le taxi nous mène à la maison. Puis l’aîné des garçons demande au paternel la bénédiction pour tous; le père étend le bras, les enfants se signent, puis, à tour de rôle, suivent les souhaits des parents pour chacun. Tous habillés de leurs beaux vêtements, les visages sont souriants même si, parfois, les exhortations se font sérieuses. C’est l’année nouvelle qui s’habille de nouvelles promesses et de vœux virtuels.
L’ambiance se parfume d’un fumet de tourtières, de beignes chauds et de lait au chocolat qui seront dégustés. Comme à Noël, la musique et les chants se feront entendre chez les quatre grands-parents. Du plus jeune au plus vieux, tous chanteront ; grand-maman maternelle versera une liqueur douce aux plus jeunes, et une rasade de liqueur aromatisée d’alcool aux plus vieux.
Dans la soirée, les tantes et les oncles jouent aux cartes. Les enfants se bourrent de bonbons à patate et de croquignoles toutes fraîches. Maurice est à l’accordéon, un autre oncle à l’harmonica ; Johnny danse et les enfants s’amusent à taper des mains. Le cousin “homme des bois” entame sa chanson grivoise et la cousine chante sa complainte de “L’enfant pauvre”. Mon père, avec sa belle voix, chante du Miron et du country. La fumée bleue du tabac flotte dans la maison.
Je visite ma marraine demeurant l’autre bord du lac, elle est toute fière de revoir ce bébé qui a grandi sagement… Elle me donne un sac brun dans lequel se trouvent une orange, une pomme, quelques bonbons et une pièce de vingt-cinq cents. Le traîneau tiré par l’aîné, nous, les jeunes, allons visiter tous les cousins de la ville. C’était le bon temps, le temps des amitiés fraternelles où le partage et la coopération ne se comptaient pas. Sur le parvis de l’église, les gens se souhaitent le paradis à la fin de leurs jours.
La neige est tombée, la lune est ronde ; le firmament, comme l’arbre de Noël des cousins, est piqué d’étoiles. La paroisse a répondu au carillon de l’église. Les lumières sons allumées partout. La communion nous rappelle le sens de la fraternité, de la paix. J’entends encore les grelots des voitures et les anges, chantant dans la campagne endormie, comme nous, après ces belles festivités.
En ce qui concerne les anges, une amie m’en a parlé… Quand elle était toute petite, ses parents avaient des difficultés financières pendant cette période de joie et d’espérance. Dans ses souvenirs, elle se remémore un moment où, avec sa famille, elle est de retour à la maison et que découvre-t-on sur le perron ? Des cartons dont un contient de la nourriture et l’autre, des jouets pour les enfants ! Une magnifique petite laveuse rouge pour qu’elle puisse laver les petits vêtements de sa poupée. La joie éprouvée pour elle est indescriptible ; en entrant, sa mère lui dit que c’est le bon Dieu qui est passé.
Eh oui, la bonté et la générosité se trouvent aussi dans les anges qui sont sur Terre et qui oeuvrent afin que tous puissent célébrer en ces temps de réjouissances. Le bénévolat, c’est un clin d’œil du bon Dieu…
Hervé Tremblay
Membre du club de lecture de la Bibliothèque municipale de La Tuque
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Existe-t-il encore de ces fêtes de Noël et du Jour de l’An où toute la famille était présente ?
Je me souviens des Jours de l’An chez mes grands-parents Bergeron, rue St-Eugène, parfois plus de 40 personnes. Celui de 1962 accueillait la quatrième génération ; dinde, ragoût de boulettes, beignes, biscuits tante-marie et aussi ces fameux bonbons aux patates-beurre d’arachide.
rive62