Le Tam-Tam communautaire du Haut St-Maurice (www.letamtamcom.com)

Publié le 12/6/2009

Peter Mayle : Le diamant noir, Éditions Nil, 1999

Une agréable lecture de vacances

par le Club de lecture de la Bibliothèque de La Tuque (chronique du Tam-Tam)

“Anglais libre de toute attache, la trentaine, présentant bien, parlant français couramment, cherche poste intéressant même si inhabituel, de préférence entre Aix et Avignon. Étudie toute proposition sauf mariage.”

Cette annonce que fait passer Bennett dans le Herald Tribune lui permettra, espère-t-il, de se trouver un emploi pour tenir le coup, car il ne veut pas quitter son coin de paradis à St-Martin-le-Vieux, en Provence où il loue une petite maison. Il ne veut surtout pas se remettre à produire des films publicitaires à Londres, ni poursuivre son associé qui s’est enfui avec le yacht de 13 mètres dans lequel il avait investi tout ce qu’il avait gagné dans la production.

Mais voilà, s’il veut encore jouir des plaisirs épicuriens que lui livre la Provence, il devra se trouver un moyen de faire du fric.

Il reçoit plusieurs offres, mais celles vraiment valables ne sont pas nombreuses. Une seule enveloppe finalement reste. Un riche magnat lui propose d’endosser son identité pour 6 mois à Monaco. Voiture, luxueux appartement, comptes ouverts chez les commerçants et 2 ou 3 restaurants où il devra se pointer plus une généreuse rétribution mensuelle en argent. Pour prouver la présence sur le sol monégasque de son patron, il devra signer les additions en imitant sa signature. Cette présence en dehors de la France évitera au riche personnage de verser au fisc français de 60 % à 70 % de son revenu s’il séjournait l’année entière sur son territoire.

Seule petite restriction, notre héros devra prendre livraison d’un colis, donc assurer sa présence un certain samedi soir à l’appartement. Mais une invitée de fin de semaine qu’il devait amener souper au resto se retrouvera seule et remettra la fameuse valise à la mauvaise personne.

Son généreux patron de fort mauvaise humeur le rappellera en France et lui confiera la mission de récupérer la mallette (qui contient un sérum et les conditions de son application pour assurer la culture de la truffe noire, notre diamant noir de l’histoire) maintenant aux mains d’un truand. N’ayant pas vraiment le goût de se confronter à ce gangster, on l’obligera en faisant planer sur lui la menace de le poursuivre pour usurpation d’identité.

On l’associera à une belle Américaine qui elle aussi a eu maille à partir avec le richissime homme d’affaires (elle a été sa maîtresse, mais il l’a laissée pour une autre, sans ménagement). Elle a besoin d’argent pour faire soigner sa mère aux É-U.

Et l’aventure commence. Nous assisterons alors à des situations assez rocambolesques et rencontrerons toutes sortes d’hurluberlus que Peter Mayle campe avec beaucoup d’humour.

Commentaires

Une agréable lecture de vacances ou pour rêver aux vacances.

Le soleil est omniprésent. La description des repas laisse les lecteurs l’eau à la bouche et la convivialité des Provençaux nous amènent à vouloir trinquer avec eux. Manger et jouir de la vie sont des activités très importantes et palpitantes et les habitants y consacrent un temps digne de ces plaisirs. On s’arrête et on célèbre le dieu Bacchus et celui de la bonne bouffe que je ne connais pas, mais s’il y en a un : il doit être Français.

Le vocabulaire est simple, mais l’humour de Peter Mayle ainsi que ses descriptions de personnages nous font sourire. Il a un don pour recréer la Provence, on salive lorsqu’il décrit les banquets, les festins, les orgies de bouffe. On perçoit les odeurs ; c’est un livre à déconseiller aux gens au régime : une véritable torture. Finalement, une jolie histoire avant d’aller déguster une cuisine méridionale. Et comme tout bon repas en Provence se termine par les fromages et les liqueurs fines, il en est de même pour notre histoire. Tout est bien qui finit bien !

En conclusion, un roman d’aventures, d’eau à la bouche, de villages pittoresques et de gens savoureux campés d’une façon humoristique. Tout pour se divertir et ravir les sens !

Biographie

Peter Mayle a passé son enfance entre le Royaume-Uni et les Bahamas. À seize ans, il se distingue comme serveur et chauffeur pour une blanchisserie avant d’entrer comme stagiaire à la Shell. Il est engagé à vingt et un ans par David Ogilvy, à New York. C’est le début de sa carrière dans la publicité des deux côtés de l’Atlantique. Quinze ans plus tard, il s’échappe de Madison Avenue pour écrire des livres.

Amoureux de la Provence, il décide en 1988 de s’y installer. Peter Mayle et sa femme achètent un mas du 18ème siècle, qu’ils rénovent progressivement. Mais les péripéties de cette nouvelle existence l’empêchent de mener à bien son projet de roman… Alors, il décide plutôt de relater ses aventures provençales dans un court récit : “Mon éditeur anglais n’y croyait pas beaucoup. Il tira le livre à 3 000 exemplaires, que je pensais déjà écouler en cadeaux de Noël.”

“Une année en Provence” fut traduit en 27 langues et vendu à plus de cinq millions d’exemplaires à travers le monde. Des Australiens, des Japonais, des Américains arrivèrent par bus entiers dans le village de Peter Mayle. La rançon du succès : les Mayle durent déménager…

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