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9 février 2012
 
 
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Publié le 7/9/2008  -  Version imprimable

Deuxième partie - Néolibéralisme et les Droits humains

La mondialisation néolibérale provoque un recul, voire la négation de plusieurs droit

par les Brigades d’information citoyenne

Ce grand mouvement de développement des droits humains que l’on décrivait dans la première partie du texte (publié le 2 juillet dernier) et qui demeure tout à fait remarquable en dépit de ses limites, ne s’est pas déployé également dans tous les pays et il ne s’est pas réalisé sans débats, sans oppositions tantôt ouvertes tantôt discrètes, mais tenaces, sans reculs à certains moments. Depuis 1945 jusqu’à aujourd’hui, les catastrophes humanitaires provoquées par les hommes n’ont pas manqué : guerres, génocides, famines, etc. Un phénomène toutefois retient de plus en plus l’attention à cause de sa puissance planétaire et à cause des impacts de plus en plus dévastateurs qu’il exerce présentement sur l’évolution de la vie économique, politique et sociale de tous les pays de la planète : l’expansion foudroyante de la mondialisation néolibérale, surtout depuis une quinzaine d’années.

Des circonstances favorables

L’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’OCDE et les États-Unis, en tant qu’alliés immédiats des grands investisseurs et des entreprises multinationales, se firent les promoteurs d’une seule et même vision : faire du monde entier un vaste et unique marché dominé par une poignée toujours plus restreinte de grandes transnationales et de grands groupes financiers, libres d’agir partout à leur guise, à la recherche de profits toujours plus considérables et de pouvoirs toujours plus grands. Cette vision du monde fut d’ailleurs soutenue, dans plus d’un cas, par des équipes gouvernementales nationales.

Les grandes consignes néolibérales

On imposa donc, avec vigueur, les grandes consignes néolibérales : 1) de déréglementation économique, facilitant la libre concurrence (entre entreprises souvent très inégales) ; 2) de réduction et de privatisation des services publics, particulièrement dans les domaines de la santé, de l’éducation, des services sociaux et aussi des infrastructures comme l’eau, l’électricité, le téléphone ; 3) d’ouverture des frontières aux entreprises étrangères ainsi qu’au capital international ; 4) de réduction de l’appareil de l’État et de ses services ainsi que de réduction des impôts qui rendent justement possible l’offre de services publics.

Tout devient commerce : on ignore les personnes et les nations ; on asservit les gouvernements s’ils ne sont pas déjà complices du nouvel ordre économique.

Habitée par une seule préoccupation, le profit à tout prix, la machine néolibérale ignore les personnes humaines et, encore plus, les droits que ces personnes détiennent ou devraient détenir ; elle ignore les nations et leurs frontières nationales ; elle asservit les États et leurs gouvernements aux intérêts des transnationales et du grand capital. En effet : 1) Dans la perspective néolibérale, les populations, les hommes, les femmes et les enfants sont essentiellement des travailleuses et des travailleurs et, jusqu’à un certain point, des consommatrices et des consommateurs, rien de plus. Dans la comptabilité des entreprises, on les considère comme des “charges” et des “coûts”, que l’on ne cesse de chercher à réduire pour améliorer la rentabilité de l’entreprise.

On demande aux employées et aux employés la plus grande “flexibilité” dans leurs conditions de travail, on les assujettit aux plus bas salaires, on essaie d’échapper aux charges sociales et on veut pouvoir s’en défaire à volonté, comme des “pièces jetables”. C’est ainsi que, partout, on multiplie les catégories d’emplois qui n’entraînent que peu d’obligations à caractère social pour les employeurs et permettent de se défaire à volonté des travailleuses et des travailleurs (par exemple, on aime bien pouvoir congédier les travailleuses qui deviennent enceintes).

 

Une telle approche se situe aux antipodes des relations qui devraient s’établir entre personnes qui se reconnaissent dans leur dignité de personne et égales dans leurs droits fondamentaux, même dans le contexte d’entreprises où les uns sont patrons ou actionnaires et les autres, des employées et des employés. C’est ainsi que, de façon presque systématique, les traités commerciaux internationaux, conclus ces dernières années, ont été volontairement silencieux sur les droits humains des travailleuses et des travailleurs, comme aussi sur l’environnement ou alors ont relégué, dans des annexes sans poids juridique, ces dimensions pourtant essentielles des activités de commerce.

Les ressources naturelles de la planète

Même chose à l’égard des nations, de leurs cultures ainsi que de leurs territoires géopolitiques. Ce sont les ressources naturelles de la planète qui intéressent les entreprises. C’est le pétrole, les mines, l’eau et les forêts, et, jusqu’à un certain point, les populations des divers pays en tant que bassin de main-d’œuvre. Le Plan Puebla-Panama, que l’on a récemment commencé à réaliser, illustre de façon saisissante comment des puissances industrielles et financières ont planifié développer une région entière, qui embrasse neuf États du sud du Mexique et sept pays d’Amérique centrale. La planification des routes, des barrages, des centrales électriques, des ports, des usines, des puits de pétrole ne s’est embarrassée ni des frontières ni des habitants et des communautés du territoire visé. Elle est en voie de réalisation, en ce moment, uniquement ou prioritairement en fonction des seuls intérêts économiques d’une poignée de transnationales.

Même chose en Afrique, où des investissements pour le “développement” sont offerts dans le cadre du nouveau programme NEPAD (New Economic Partnership for African’s Development). Ici encore, les pays bénéficiaires doivent se plier aux immanquables directives du néolibéralisme, c’est-à-dire qu’ils privatisent leurs services publics, ouvrent leurs frontières au capital et aux entreprises étrangères, renoncent au pouvoir d’autogérer des projets de développement national qui correspondraient à leurs besoins spécifiques. Cette relance du développement constitue donc, en réalité, une efficace recolonisation de tout le continent africain, non plus au profit de la Belgique, de la France et de la Grande-Bretagne, mais bien des puissantes transnationales. Comble du cynisme, le NEPAD est présenté comme un programme conçu, cette fois, par des chefs de gouvernements africains… assistés, bien sûr, par la Banque Mondiale et le FMI !

Vaste détournement des rôles de l’État

Le mouvement néolibéral est également à l’origine d’un vaste détournement des rôles de l’État. On fait en sorte que l’État protège de mieux en mieux la propriété des possédants et facilite le commerce et la libre concurrence en faveur des grandes entreprises. Quant aux interventions de l’État en faveur des citoyennes et des citoyens, elles deviennent secondaires, on veut les limiter au maximum, prétendant remettre à chaque citoyenne et citoyen la responsabilité de se tirer d’affaire. Pour les néolibéraux, il n’est donc plus question que les fonctions essentielles de l’État soient :

  • d’être le premier responsable de la reconnaissance, de la protection et de la réalisation des droits humains ;
  • de créer et faire progresser un environnement juridique et social qui permet à toutes les citoyennes et les citoyens d’un pays de mener une vie digne de personnes humaines ;
  • de favoriser la production des biens, mais aussi leur distribution équitable ;
  • de soumettre à l’impôt individus et entreprises (celles-ci y échappent souvent) de façon équitable et à un niveau qui permet d’offrir des services publics ;
  • de mettre sur pied et d’assurer le fonctionnement efficace de services publics de santé, d’éducation et de protection sociale ;
  • de protéger activement les conditions de travail et la décence des salaires ;
  • de faire progresser l’accès pour toutes et tous à la culture ainsi qu’aux retombées des progrès scientifiques ;
  • d’assurer à toutes les citoyennes et les citoyens un accès à la justice et une égale protection de toutes et tous devant la loi ;
  • d’encourager et de soutenir la participation démocratique des citoyennes et des citoyens ainsi que les mouvements de solidarité ;
  • de protéger de façon spécifique, dans une perspective d’équité, les groupes plus vulnérables que l’on trouve chez nous comme dans toute société : les femmes, particulièrement les femmes seules, les enfants, les handicapés, les minorités, les peuples autochtones.

Ce sont pourtant là, les responsabilités que, spontanément, les citoyennes et les citoyens veulent voir leurs gouvernements respectifs assumer. Ces mêmes responsabilités que les États et nos gouvernements ont estimé pleinement justifiées d’assumer, depuis les années 1945 plus particulièrement, dans le cadre de leur appartenance à la grande famille des Nations Unies, en adhérant d’abord à la Déclaration des droits de l’homme et à plusieurs traités internationaux jusqu’à ce jour.

Bref, en ce moment, les forces économiques tolèrent de moins en moins que les États continuent d’être avant tout au service de leurs citoyennes et citoyens et au service de leurs droits et aspirations les plus légitimes. On exige d’eux qu’ils facilitent l’exploitation de toutes les ressources naturelles nationales et soumettent leurs populations à la loi du salaire minimum et à la précarité sous toutes ses formes.

    À suivre…

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