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Publié le 18/5/2010  -  Version imprimable

La “culture de la mort”

L’avortement : un droit acquis ?

par le Tam-Tam communautaire du Haut St-Maurice

A. Rhéaume - Un peu plus de vingt ans après la légalisation de l’avortement par la Cour Suprême du Canada, le débat sur la légalisation de l’avortement est une fois de plus d’actualité. Étant apparemment un droit acquis des femmes, néanmoins au Québec, cette pratique fait encore figure de crime aux yeux du clergé. Le cardinal Marc Ouellet, par des arguments poignants, tente une fois de plus de criminaliser l’avortement, qu’il qualifie de “culture de la mort.”

C’est à l’occasion du congrès de Campagne Québec-Vie que le cardinal a affirmé s’opposer à l’avortement, et ce, même dans les cas de viols. Aux yeux de l’archevêque, celui-ci devrait être tout aussi puni par la loi : “Pourquoi pousser une femme victime d’un crime à en commettre un autre à son tour ?” Ces propos, des plus aberrants à une époque où un tel débat n’a guère sa place, restent très inquiétants vu la position politique occupée par les Conservateurs.

Que dire des Conservateurs ?

Mouvement de droite, le gouvernement Harper montre de nombreuses controverses au sujet de cette pratique. Il a d’ailleurs refusé de financer les services d’avortement dans son initiative en santé maternelle dans les pays en voie de développement, imitant du même coup les pratiques de Georges W. Bush. Cette décision est forte en conséquence, car chaque année, 35 millions d’avortements sont pratiqués dans les pays les plus pauvres du monde. La majorité d’entre eux sont réalisés dans des conditions insalubres, mettant en danger la sécurité et la vie des femmes. Chaque année, 70 000 femmes meurent des suites des complications reliées à un avortement, ce qui reste aujourd’hui inacceptable.

Des besoins non comblés

Le droit à l’avortement reste une lutte essentielle pour les droits des femmes. Bien sûr, elle est gagnée depuis plus de vingt ans ; néanmoins, bien que l’avortement reste “légal” au Canada, les accès demeurent restreints ou inexistants dans certaines provinces, comme le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard. De plus, les femmes demeurant loin des grands centres ont un accès restreint au service. Ainsi, malgré sa légalité, l’avortement reste une pratique qui demeure disponible, certes, mais cette disponibilité n’est que bien peu souvent représentative de la réalité.

Que dire de nos voisins États-uniens ?

Bien que légalisée en janvier 1973, la question de l’avortement demeure une question controversée chez les États-uniens. Dès l’arrivée au pouvoir de l’administration Bush, ce dernier a fait voir très clairement son plan d’action, modifiant tour à tour les lois sur l’IVG (l’interruption Volontaire de Grossesse), mettant ainsi grandement en péril le droit d’accès à l’avortement et les droits des femmes en eux-mêmes. Au cours de ces années de mandat, il a d’abord interdit la subvention des organisations internationales qui facilitent l’accès aux femmes à l’IVG. De plus, il a pris soin de nommer des dirigeants des plus conservateurs aux postes de ministres de la Justice et de la Santé; il en est de même pour les Juges de la Cour Suprême, qui ont été nommés à vie.

Ainsi, avec les restrictions apportées durant ces années en poste, ce sont plus de 1 000 établissements pratiquant l’avortement qui ont disparu en dix ans. On qualifie d’ailleurs de terrorisme moral le harcèlement que subissent les femmes de la part des pro-vie. Ceux-ci, se recueillant devant les quelques cliniques survivantes pour prier, importunent les femmes qui désirant avoir recours à l’avortement. Comme la démarche en elle-même est très difficile et comporte plusieurs restrictions, de nombreux obstacles se présentent et nuisent grandement à la liberté de choix des femmes.

Le droit à l’avortement… La liberté des femmes

L’accès à l’avortement reste baigné d’instabilité. Opinions politiques et religieuses demeurent sans cesse liées ; il est inacceptable que des arguments de nature religieuse aient leur place dans ce débat. Le droit à l’avortement est un droit acquis, et les femmes se doivent de se battre pour le conserver. Lorsque des hommes politiques, des membres du clergé, tentent de rouvrir ce débat pourtant révolu, il n’est pas uniquement question d’avortement, mais également de la liberté des femmes en elle-même. Et cette liberté, acquise à la suite de longues luttes, ne doit pas être enlevée aux femmes. Il est maintenant temps que tous sachent que les femmes sont depuis toujours des êtres à part entière, capables de décider pour elles-mêmes !

Amélie Rhéaume
Le Tam-Tam communautaire du HSM

Bravo Amélie, tu écris bien ! Super… Ta voie, suis-là, elle est vraie…

Ta cousine Louise

Commentaire de Louise Houde le 19/5/2010 à 23h40, Canada
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