Shawinigan - C’est ce soir que s’est ouvert le Forum citoyen mauricien à Espace Shawinigan en présence entre autres de la mairesse Lise Landry qui a pris la parole ainsi que de Fabiola Toupin, porte-parole. Le conférencier invité pour démarrer l’événement était Michel Venne, fondateur et directeur général de l’Institut du Nouveau Monde. Celui-ci a été énormément apprécié par plus de 300 citoyennes et citoyens présents.
Le conférencier a repris la formule du “perron d’église sans le curé”, exprimé par les animateurs, Louise Lacourcière et Dany Carpentier pour résumer ce qu’est un forum citoyen. M. Venne a évoqué ses “écoles de la citoyenneté”, mises en place par l’Institut du Nouveau Monde, dont les bases sont d’offrir l’occasion de réfléchir et de s’exprimer. La participation citoyenne, a-t-il dit, doit vaincre le fatalisme qui s’empare trop souvent de nous ; vaincre le sentiment d’impuissance qui nous accable. Il ne faut pas se croire impuissant face à ce qui se produit autour de nous et trouver le temps de s’impliquer. “La participation citoyenne, ça marche, ça donne des résultats, a-t-il dit ; c’est un croisement de savoirs, un maillage de ressources, une concertation entre gens différents”.
D’autre part, Michel Venne s’en est pris à ceux qui disaient il y a quelques années que le communautaire bloquait les projets dans nos sociétés. Il a plutôt qualifié de “non-développement” des projets comme une centrale au gaz et un casino. Il a dit que la participation citoyenne avait été à l’origine, par exemple, des centres de la petite enfance, des lois visant l’élimination de la pauvreté ainsi que les règles de préservation de l’environnement et de gestion des déchets. La participation citoyenne s’empare d’un citoyen quand celui-ci manifeste son souci des autres et veut agir, a-t-il résumé.
“En se regroupant, on fait de la politique”, a encore affirmé le conférencier qui ose toujours croire en la politique malgré les préjugés et la corruption, à son avis accidentelle. “Ça s’appelle “la démocratie” quand nous faisons des choix et que nous essayons de décider ce qui est bien pour nous”, at-il martelé. Tout en déplorant “la démocratie représentative”, où le citoyen ne s’exprime qu’aux élections, Michel Venne en appelle à la “démocratie participative” quand les citoyennes et citoyens discutent et se confrontent aux autres. “Ça améliore la cohésion sociale ; on se sent liés les uns aux autres davantage ; ça développe le sens des responsabilités”, a-t-il dit.
Pour assurer le succès de la participation citoyenne, on doit se définir des objectifs, faire ça au bon moment, faire preuve d’impartialité, et s’assurer d’en arriver à des réalisations concrètes. Les délibérations entre citoyens ne doivent pas reproduire les inégalités sociales, éviter de se faire entre “suspects habituels” (ceux dont on sait déjà l’opinion bien arrêtée ), ni s’avérer être des “républiques de bavardages”.
Lors de la période des questions, M. Venne a eu l’occasion de s’en prendre au mode de scrutin actuel. Il croit que les élus négligent toujours de le changer parce que celui-ci les favorise et qu’ils craignent l’instabilité, par exemple, de la représentation proportionnelle. “Mais nous ne sommes pas obligés d’attendre la permission de qui que ce soit pour revendiquer”, a résumé le conférencier qui croit que les gouvernés comme les gouvernants ont à leur disposition les moyens de prendre des initiatives.
Le groupe Band Zen a clôturé la soirée. À surveiller demain, vendredi la table ronde, 32 ateliers-discussions, trois ciné-discussions, la marche de la citoyenneté ainsi que le grand spectacle de de Fabiola Toupin avec le Grand Orchestre de la Mauricie de Pierre Peterson ainsi que Lynda Thalie, Tricot Machine et Val Salva.
Réjean Laprise
Centre de formation communautaire de la Mauricie (CFCM)
Pour le Forum citoyen mauricien
819 379-8054