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20 novembre 2008
 
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Publié le 13/5/2008  -  Version imprimable

Première partie

Néolibéralisme - Le vol organisé du bien commun

par les Brigades d’information citoyenne

“Quand le capitalisme perd la tête”, ces mots sont ceux que Joseph Stiglitz emploie pour le titre de son dernier livre. Qui est Joseph Stiglitz ? Un communiste encore perdu dans ses illusions ? Pas du tout ! Stiglitz, un prix Nobel d’économie, fut pendant huit ans, le conseiller économique du président états-unien William “Bill” Clinton avant d’agir comme vice-président de la Banque mondiale. Pourquoi cet homme, qui ne se considère pas anticapitaliste, rejoint-il les rangs des altermondialistes critiques des dérives économiques actuelles ? Parce que, comme eux, il a jugé l’arbre à ses fruits.

Et voici ce que, comme eux, il a vu :

  • les 200 personnes les plus riches de la planète possèdent ensemble une fortune égale à celle que possèdent 2 milliards 500 millions de personnes, soit 41 % de la population du globe ;
  • un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de problèmes reliés à la faim à toutes les sept secondes alors que les experts sont unanimes : nous avons tous les moyens matériels de nourrir douze milliards de personnes, soit le double de la population mondiale actuelle ;
  • à chaque fois qu’une corporation multinationale annonce des mises à pied massives, la valeur de ses actions à la Bourse fait un bond important à la hausse ;
  • un enfant sur quatre naît dans la pauvreté aux États-Unis d’Amérique, le pays le plus riche et le plus puissant de la planète ;
  • selon le Bureau international du travail (BIT), le nombre de chômeuses et de chômeurs recherchant un emploi a atteint 185,9 millions dans le monde en 2003, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré. Les plus touchés sont les jeunes de 15 à 24 ans ;
  • au cours des années 1970, la différence de rémunération entre un PDG d’une firme américaine et son plus modeste salarié était de 60 à 1 (écart déjà plus que remarquable). Aujourd’hui, cet écart est de 350 à 1 !

La liste des symptômes qui permettent de déceler la maladie sénile du capitalisme pourrait s’allonger ainsi sur plusieurs pages. Cette maladie est non seulement connue, mais les experts lui ont donné un nom : le néolibéralisme.

Qu’est-ce que le néolibéralisme ?

Le néolibéralisme est une théorie économique selon laquelle le marché, libéré de toute contrainte et laissé à lui-même, règlerait tous les problèmes que la société rencontre tant au niveau local que mondial. Cette théorie économique a profité de la mondialisation pour s’étendre à toute la planète. Le phénomène se nomme : la globalisation.

Les néolibéraux sont hostiles à la plupart des interventions de l’État dans l’économie (sauf s’il s’agit de l’armée ou de la police). Ils sont pour le libre-échange entre les pays, sans tenir compte des inégalités des richesses qui faussent le jeu. Ils sont contre les syndicats et les lois qui favorisent le droit d’association. Ils considèrent les dispositifs de protection sociale (assurance hospitalisation, assurance chômage, aide sociale, assurance maladie, etc.) qu’offre l’État comme un vol dont ils sont victimes. Ils veulent donc réduire les impôts. Les néolibéraux croient que l’État est un frein au développement. Ils soutiennent que la réglementation est un obstacle à l’efficacité et à la rentabilité. Cette croyance aveugle qui s’est transformée en croisade a conquis l’esprit de l’ensemble des hommes et des femmes politiques au point d’affecter l’idée que les plus généreux se font de la justice sociale.

Le néolibéralisme, c’est le pouvoir pour les riches et les plus puissants d’exploiter tant les ressources naturelles que les êtres humains, et ce, sans limite. Ce pouvoir, ils l’exercent avec un seul but en tête, une seule obsession : le profit maximum dans les plus courts délais.

Le marché c’est quoi ?

Le marché, c’est l’ensemble de toutes les transactions, c’est-à-dire, l’achat et la vente de tout ce qui est accessible tant au niveau local que national ou international. Les néolibéraux voudraient que tout soit à vendre, y compris les choses essentielles à la vie, telle que l’eau…

L’économie néolibérale a perdu contact avec la réalité

Les défenseurs du système économique actuel se perçoivent et se présentent comme des gens sérieux occupés à faire les choses sérieusement et en toute rationalité. Voyons-y de plus près.

Jusqu’aux années 1970, le capitalisme était globalement “industriel”. Il existait généralement un lien entre l’argent investi et la réalité. Autrement dit, si les investisseurs décidaient de placer de l’argent, c’était dans du concret, des usines, de la machinerie ou des services quelconques. Les profits de l’entreprise étaient largement réinvestis dans cette entreprise et on manifestait une certaine patience quant au rendement. De plus, les dirigeants de l’entreprise, ceux qui décidaient des grandes orientations, étaient souvent à la fois propriétaires et gestionnaires. Dans certains cas, ils vivaient et travaillaient dans la communauté où était située l’entreprise.

À la suite de l’accroissement de la taille des entreprises et de leurs plus grandes capacités à générer des profits, un afflux constant et massif de capitaux a envahi le marché mondial. Les détenteurs de ces énormes sommes d’argent ont voulu accroître leur fortune de façon continue et répétée. Leur appétit s’est jeté sur tout ce qui pouvait générer le plus haut taux de profits, peu importe le destin des entreprises ou des populations. Le pouvoir économique était de plus en plus entre les mains de ces détenteurs de capitaux. D’industriel qu’il était, le capitalisme est devenu “financier”.

Or, les autorités politiques des pays développés avaient appris, après une grande dépression et deux guerres mondiales, qu’il ne fallait pas laisser libre cours à qui voulaient s’abandonner à leur passion. Des pressions faites sur des gouvernements complices ou serviles ont vite dilué toutes ces mesures au cours des années 1970 et 1980. Le capitalisme financier devint de plus en plus libre et fou. Les investisseurs se transformèrent en joueurs de casino confiant à la Bourse et à ses gourous des sommes monumentales (des transactions de l’ordre de 1,800 milliards de dollars s’effectuent autour de la planète, à chaque jour sur les marchés des taux de change). Les monnaies nationales n’échappèrent donc pas à l’appétit de ces spéculateurs qui en provoquèrent l’effondrement. Des populations entières furent victimes de ce petit jeu qui provoqua des crises humanitaires d’un côté et un accroissement indécent de la fortune de quelques individus déjà milliardaires, de l’autre.

Les néolibéraux persistent à tenter de nous faire croire que leur économie repose sur une rationalité sans faille, alors qu’ils planent dans le virtuel et l’irréel. Les néolibéraux nous prennent pour des valises.

    À suivre…

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