La fumée secondaire semble peut-être bien innocente, mais en réalité, elle tue plus de 1 700 non-fumeurs par année au Canada. Pourtant, beaucoup de gens ignorent encore combien elle est dangereuse pour la santé. La campagne 2011 de la Semaine québécoise pour un avenir sans tabac veut justement promouvoir les avantages de vivre dans des lieux sans fumée secondaire, soit la fumée qui s’échappe directement dans l’air à partir d’une cigarette ou d’un cigare.
Les méfaits pour la santé
- Pas besoin d’être un fumeur pour subir les effets nocifs de la fumée de tabac. Elle est toxique pour tous, donc non seulement pour les personnes qui fument, mais aussi pour celles qui respirent la fumée rejetée dans l’environnement.
- L’exposition régulière à la fumée secondaire est la seconde cause de cancer du poumon (le tabagisme étant la première) et peut contribuer à augmenter significativement les risques de maladies cardiovasculaires, de maladies pulmonaires et de troubles respiratoires.
- Au Québec, on estime que 136 personnes non-fumeuses sont emportées par un cancer du poumon relié à son inhalation et que 223 autres meurent de maladies cardiaques la mettant en cause. Au Canada, un décès sur cinq survenus lors d’incendies survient lors d’un incendie causé par des cigarettes. C’est pourquoi les primes d’assurances habitation peuvent augmenter lorsque les gens fument.
Les mythes sur la fumée secondaire
Mythe 1 : si j’ouvre une fenêtre ou que j’allume une hotte ou un ventilateur dans ma maison ou ma voiture, je peux me débarrasser de presque toute la fumée secondaire.
La réalité : vous pourriez penser qu’en ouvrant une fenêtre ou qu’en allumant une hotte ou un ventilateur vous éliminez la fumée d’une pièce ou de votre voiture, mais ce n’est pas le cas. Malheureusement, des études approfondies ont montré qu’aucun niveau de ventilation ne peut éliminer les effets nocifs de la fumée secondaire. De plus, le fait d’ouvrir la fenêtre d’une voiture ou d’une pièce peut entraîner un courant de retour de l’air dans la pièce ou la voiture, et faire revenir la fumée directement sur les enfants et les autres non-fumeurs.
Mythe 2 : la fumée secondaire n’est pas nocive pour les bébés qui ne sont pas encore nés.
La réalité : la nicotine trouvée dans le sang d’une femme enceinte qui fume ou qui est exposée à la fumée secondaire peut traverser la barrière placentaire et réduire le débit sanguin du foetus. Cette nicotine peut affecter le coeur, les poumons, le système digestif et même le système nerveux central du bébé. Le monoxyde de carbone que contient la fumée de cigarette peut nuire à la croissance du bébé et entraîner un poids insuffisant à la naissance.
Mythe 3 : les effets de la fumée secondaire sur la santé ne sont pas plus nocifs pour les enfants que pour les adultes.
La réalité : la fumée secondaire cause du tort à la santé de tous, mais elle est particulièrement nocive pour les jeunes enfants. Comme ceux-ci respirent plus rapidement que les adultes, ils inhalent donc plus de substances chimiques dangereuses que ces derniers et sont particulièrement vulnérables à la fumée secondaire. Les bébés qui inspirent de la fumée secondaire risquent davantage de mourir du syndrome de mort subite du nourrisson dans leur lit. Les enfants et les bébés exposés à la fumée souffrent plus souvent de problèmes de voies respiratoires inférieures, comme la toux, la pneumonie, la bronchite et la diphtérie laryngienne. Ils sont plus susceptibles de développer de l’asthme, et ils en souffriront davantage que les enfants de non-fumeurs qui en sont atteints. De plus, la fumée secondaire augmente le nombre d’otites.
Le fumeur et son entourage
- Faire respecter la décision de vivre sans fumée dans la maison et la voiture respecte la liberté des fumeurs et ne les oblige pas à cesser de fumer. Le fait d’interdire de fumer à la maison et au travail crée une réduction de la consommation quotidienne de cigarettes, sans nécessairement avoir d’effet immédiat sur la cessation tabagique. Toutefois, la diminution de consommation associée aux milieux sans fumée pourrait peut-être rendre cet abandon plus facile.
- Les études démontrent que vivre avec une personne qui fume augmente les risques de rechute chez les personnes qui tentent de cesser de fumer ou qui ont cessé depuis un certain temps. Si personne ne fume dans la maison et dans l’auto, les risques de rechute sont moins grands, puisque l’ex-fumeur est moins exposé à la tentation.
- Le fait de vivre dans une maison sans fumée réduit les risques qu’un jeune commence à fumer. Plusieurs études ont démontré qu’un domicile sans fumée diminue chez les enfants, non seulement les risques pour la santé associés à l’exposition à la fumée secondaire, mais également les risques qu’ils expérimentent le tabagisme au primaire et au secondaire, même si les parents sont fumeurs. Les experts s’entendent de plus pour dire que les parents, qu’ils soient fumeurs ou non, peuvent également diminuer les risques que leurs enfants fument en prenant clairement position contre le tabagisme. Cependant, si vous êtes fumeur, le geste le plus significatif pour éviter que vos enfants fument demeure encore d’écraser. Voilà des gestes concrets que vous pouvez poser en tant que parent pour diminuer les risques que vos enfants commencent à fumer.
Source : Famille sans fumée 2010, document de référence, 2 septembre 2010
Pour avoir plus d’information sur la fumée secondaire et les moyens de l’éviter, consultez ce site Web.
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Ressources pour la cessation tabagique :
Centre d’abandon du Tabac : 819 523-4581, # 2702
Ligne J’Arrête : 1-866 527-7383
Site Web
Isabelle Lepage, intervenante pour le Centre d’Abandon du Tabac