Kim Thuy et Pascal Janovjak se sont rencontrés à Monaco, car ils étaient tous les deux finalistes du prix littéraire Prince Pierre de Monaco. C’est Kim, qui la première, a remarqué Pascal. Elle se trouvait en pleine conversation avec un autre finaliste quand, tout à coup, un rayon de lumière a illuminé le visage de Pascal. “J’ai l’impression d’être ésotérique… mais je me suis dit qu’il fallait que je parle à ce gars”.
Dans les jours qui ont suivi, Kim a tout fait pour discuter avec lui, réussissant à ce qu’ils prennent le petit déjeuner ensemble le jour du départ. Ils discutent à bâtons rompus et décident de s’écrire à leur retour. Cet échange épistolaire version électronique leur fera vivre un “coup de foudre littéraire” qui les amènera à vouloir écrire un livre à quatre mains. Ils ont écrit le livre entre octobre 2010 et décembre de la même année. Ils n’ont pas fait de plan, tout s’est enchaîné naturellement. On pense à un match où chacun se renvoie la balle à un rythme rapide.
C’est bien écrit, les mots coulent, les pages s’enchaînent. Mais à la fin de ma première lecture, j’étais déçue, insatisfaite, mes attentes étaient-elles trop élevées après Ru, premier opus de Kim Thuy ? Hier, j’ai ressorti le livre, relut quelques pages, et la magie a opéré. Ce livre doit se déguster lentement, en se laissant imprégner par les mots, par les états d’âme des deux auteurs qui ont tant à raconter. Tous les deux sont des enfants d’exilés. Les parents de Kim ont fui le Vietnam, le père de Pascal la Slovaquie. Ils se ressemblent tout en étant très différents. Ils n’ont pas gagné le premier prix à Monaco, mais ils ont remporté une amitié précieuse. Malgré la distance qui les sépare, cet échange les a gardés près l’un de l’autre.
Sylvie Gauthier
Membre du club de lecture de la Bibliothèque municipale