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Chronique littéraire
  
par le Club de lecture de la Bibliothèque de La Tuque
  

Publié le 8/4/2009  -  Version imprimable

Drôle de tendresse, de Miriam Toews

L. Hénault - Miriam Toews. Drôle de tendresse. (Bibliothèque T643ddt). L’auteure est née en 1964 à Steinlack, au Manitoba. Ce roman autobiographique s’est mérité le prix du Gouverneur Général en 2004 et fut inclus dans le combat des livres et défendu par le poète, compositeur, et éditeur John K Samson.

Le livre relate l’histoire d’une jeune fille qui demeure dans une communauté mennonite au sud du Manitoba. Son récit commence comme elle le dit : lorsque la moitié de sa famille, dont la plus jolie, manque à l’appel, soit sa mère Trudie et sa soeur Tash qui est son modèle. Les départs de celles-ci dont elle n’aura plus aucune nouvelle la bouleverseront. Alors, Nomi et son père Ray se retrouvent seuls dans ce bled perdu, une communauté de descendance mennonite dirigée par le frère de sa mère Hans qu’elle et sa soeur appellent : La bouche des ténèbres. Dans cette communauté, il ne suffit de perpétrer deux ou trois délits pour en être excommunié. Les gens partent et ne donnent plus de nouvelles, ou ils restent vivre à l’intérieur du village comme des fantômes.

Miriam Toews a une façon bien à elle de conter ce récit biographique. Elle se révèle une conteuse hors pair. Ses dialogues sont courts, percutants, savoureux, et ses métaphores et ses moments, drôles. Ce récit renferme également beaucoup de souffrances, de mal-être, de questionnements sans réponse, de pas perdus, de petits bonheurs, de faux semblants et d’illusions pour permettre aux personnages de continuer à vivre… et à survivre.

Après le départ de sa mère et de sa soeur, Nomi est aux prises avec sa grande soif de liberté et l’amour qu’elle porte à son père Ray. Un livre où l’on s’aperçoit que le mot liberté ne rime pas nécessairement avec facilité et simplicité.

Miriam Toews m’a touché par sa façon de décrire, de voir et de se cacher la vie qu’elle mène dans cette communauté. Elle écrit notamment :

“Est-il mal de croire à un mensonge superbe qui vous aide à vivre ?”

“Avoir le mal de mer en mer, ce n’est pas comme avoir le mal du pays chez soi.”

“Les questions pleuvent pour un peu on se noierait dedans.”

“Les enfants me manquent. J’aimais bien leur habitude de réagir à tout comme s’ils étaient vivants.”

“Quand vient le moment d’offrir du réconfort, Ray est bien intentionné, mais ridicule, il a tendance à en faire trop, à la manière de ceux qui noient les plantes assoiffées.”

“Portant sur une fille qui, comme Tash avait mal tourné et abandonné la voie étroite qui mène jusqu’à Dieu au profit de l’autoroute du péché.”

Miriam Toews vit aujourd’hui à Winnipeg. Ce livre m’a touché. Bonne lecture à ceux et à celles qui voudront s’y aventurer.

    Par Louise Hénault Club de lecture de la Bibliothèque municipale de La Tuque

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