Ce livre à couleur autobiographique est un récit d’exil et d’enracinement. Chaque chapitre très court est une petite estampe de la vie de Kim Thuy laquelle a vécu au Vietman pendant la guerre dans une famille riche et cultivée.
À 10 ans, en 1979, sa famille et elle quittent le pays clandestinement comme “boat people”. Ils vivront en Malaisie dans un camp de réfugiés avant d’être accueillis au Québec, à Granby.
Trente ans après son départ du Vietnam, elle jette un regard sur l’ensemble de son passé et nous en donne des images précises, saisissantes, généralement accompagnées de son analyse. La chronologie des faits n’est pas respectée, mais qu’importe puisque l’intensité est présente et les mots si bien choisis.
“La ville de Granby a été le ventre chaud qui nous a couvés durant notre première année au Canada”.
“(Mes parents)… nous ont légué la richesse de leur mémoire qui nous permet de saisir la beauté d’une grappe de glycine, la fragilité d’un mot, la force de l’émerveillement…”.
Toutes ces petites touches de vie transmettent les émotions et le fruit des réflexions de l’auteure.
“Je me suis avancée dans les traces des pas… (de ceux qui m’ont précédée)… comme dans un rêve éveillé où le parfum d’une pivoine éclose n’est pas une odeur, mais un épanouissement ; où le rouge profond d’une feuille d’érable à l’automne n’est plus une couleur, mais une grâce, où un pays n’est plus un lieu, mais une berceuse”.
Ce livre publié fin 2009 a été un succès dès sa sortie tant au Québec qu’en France. Il a mérité le prix RTL-lire du Salon du livre de Paris en mars 2010 (prix pour un roman de langue française). Il s’agit de la première oeuvre de cette auteure, laquelle est aussi avocate, restauratrice et chroniqueuse culinaire.
Judith Bourgault
Club de lecture de la Bibliothèque municipale