Ce livre a fait l’objet d’une lecture commune et a été débattu lors de la dernière rencontre du club de lecture de la bibliothèque municipale en janvier. Les opinions étaient partagées à son égard. Voici donc les critiques de deux membres du club, l’une favorable, l’autre défavorable.
Critique de Madame Lynn Bérubé
Un des premiers romans d’Arto Passalinna (1975 en finnois, 1990 pour la traduction).
Une histoire plutôt rocambolesque et invraisemblable dans un style hachuré, sobre et sans fioriture. Le lièvre est le prétexte, le déclencheur, le lien entre les chapitres ; les aventures de Vatanen désabusé, sous l’emprise d’une vie orchestrée par sa femme et un travail qui ne lui convient plus. Il décide de fuir cette vie castrante pour vivre au rythme de la nature et des paysages. Chaque chapitre a l’allure d’une “Brève”, pouvant être lue de façon anarchique sans pour autant perdre de sa substance (assez mince toutefois).
J’aurais souhaité plus de consistance, de réflexions ou de sentiments de la part de Vatanen (de l’auteur) dans un parallèle avec sa vie intérieure, son cheminement, ou ses échos comme l’a fait si bien Jean-Paul Dubois dans Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, dont les thèmes : errance, retour à la nature, fuite en avant, sont les mêmes. Il n’en fut rien ; peut-être le but de l’auteur était-il raconter les lieux et la faune de la Laponie finlandaise méconnue (d’où il est originaire), où se terrent des personnages incongrus, pittoresques et fantaisistes vivant des situations déjantées.
Pourtant selon la critique française, le lièvre est d’abord un roman philosophique, ensuite un conte picaresque et surtout un livre que l’on peut lire à plusieurs niveaux. J’avoue ne pas avoir saisi toute cette philosophie sous-jacente, je suis davantage comme ses compatriotes : une lectrice de premier niveau pour ce style de roman.
J’ai mieux compris lorsque j’ai constaté que ce récit a été adapté au cinéma pour enfants.
Critique de Madame Carmen Bouchard
Ce roman a été traduit en 12 langues, et il fait partie de la Collection d’oevres représentative de l’Unesco.
J’ai apprécié parcourir la Finlande du sud au nord bien assise dans la chaleur de mon lit. Aidée de la carte, j’ai pu me plonger dans la géographie de ce pays. Je savais qu’il était situé au nord de l’Europe, mais entre quels pays j’hésitais.
Roman reposant même s’il y avait des situations un peu éclatées, des personnages loufoques. Il nous fait se questionner sur cette vie de consommation, de travail acharné, d’obligations qu’on s’impose. Naturellement tout est à l’excès, je ne nous vois pas vivre de cette manière.
J’ai trouvé habile sa manière plus ou moins détournée de se moquer de la bureaucratie gouvernementale.
J’aime aussi son style d’écriture brève, il sait décrire la nature avec des termes recherchés, mais ne se perd pas dans des détails inutiles.
Pour conclure, livre léger, touchant et drôle surtout lorsqu’il était enlisé avec la vache dans les marais. J’ai bien aimé.