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Lecture    Chronique littéraire

Publié le 20/11/2008  -  Version imprimable

Conversations avec Paulo Coelho, de Juan Arias

Une quête spirituelle hors de l’ordinaire

Juan Arias écrit ses biographies à la suite de conversations avec la personne sur laquelle il veut écrire. Il a écrit plusieurs livres d’entretiens, notamment avec le philosophe Fernando Savate, et le prix Nobel de littérature, José Saramago. C’est un journaliste espagnol, qui a passé une partie de sa vie en Italie comme correspondant de plusieurs journaux italiens.

Maintenant, parlons de Paulo Coelho, sujet du livre. Coelho est né à Rio de Janeiro d’une famille de la classe moyenne supérieure, d’un père ingénieur et d’une mère profondément croyante. Très jeune, il a manifesté davantage de goût pour Borges, Miller et le théâtre que pour ses études. Pour cette raison, ses parents l’ont inscrit à un collège jésuite renommé pour sa sévérité, où il y apprit la rigueur et la discipline, mais y a perdu sa foi religieuse. Son goût pour les arts, incompris par ses parents, lui valut d’être interné à leur demande par trois fois dans un asile psychiatrique d’où il s’enfuit à chaque fois.

Enfin, il termina son secondaire et, pour faire plaisir à ses parents qui voulaient le voir avocat, il s’inscrivit à la faculté de droit, mais abandonna. Il avait alors 17 ans, et la seule chose qu’il voulait faire dans la vie, c’était écrire. Il a donc débuté une carrière de journaliste. Idéaliste, il voulait changer le monde ; il a fait partie des hippies, fait l’expérience de la drogue et du sexe. Se croyant homosexuel, il a fait l’essai pour vérifier.

Des incarcérations à répétition

Par trois fois, il fut fait prisonnier. La première fois, il le fut par erreur, après le vol d’une banque. Puisqu’il avait les cheveux longs et n’avait aucune pièce d’identité, il fut donc arrêté, gardé et relâché au bout d’une semaine. Il ne fut pas maltraité. Mais les deux autres fois, ce fut plus grave. Comme il était très connu, qu’il gagnait beaucoup d’argent, et qu’il écrivait des chansons, il fut arrêté le lendemain d’un concert par les militaires pour motif politique. Il avait prononcé quelques mots à la foule, afin qu’ils suivent leurs aspirations pour changer le monde, et de rendre celui-ci meilleur. Tout cela lui avait paru anodin.

Après l’arrivée de son avocat, on le relâcha, non sans lui avoir fait signer un papier comme de quoi le gouvernement n’était responsable de rien. À peine sorti, un groupe para-militaire le séquestra, lui et sa femme. Ses parents et ses amis ignoraient qu’ils étaient arrêtés et où ils étaient. Ils ne pouvaient donc pas leur venir en aide. Là, il a été torturé. Paulo Coelho n’a pas voulu entrer dans les détails dans ce livre, car les souvenirs étaient trop pénibles pour lui.

À un moment de la conversation cependant, il a voulu raconter un détail très intime qui, au moment de cette conversation, le torturait encore. Alors qu’on l’amenait, ligoté et cagoulé, à la toilette, une personne dans la pièce voisine avait reconnu sa voix, elle lui dit : “Si c’est toi Paulo, parle-moi”. Il reconnut sa femme ; par crainte de représailles, il ne répondit pas. Toute ma vie, dit-il, ce moment de lâcheté me poursuivra.

Une quête spirituelle

Après sa période hippie, de drogue, etc., il s’est tourné vers la spiritualité. Il a scruté toutes les religions orientales, allant même jusqu’à expérimenter la magie noire.

Avant d’être écrivain, Coelho était connu dans le monde comme magicien. Il dévoila ses expériences sur les rites sataniques et fit parti d’une secte secrète du mal avec un grand M. Il parle de ces instants terribles où le Mal lui est apparu ; il a eu très peur, au point qu’il crut mourir.

Ensuite, il relate sa conversion à la foi de son enfance à la suite d’une visite dans les camps de concentration avec son épouse Cristina. Il venait de sortir des bâtiments en réfléchissant à toute cette cruauté que l’être humain peut faire à son semblable. Il était très accablé, lorsque les cloches d’une chapelle se mirent à sonner l’heure du midi. C’était les mêmes cloches qui regroupaient les prisonniers pour le rassemblement et là il a eu une vision. Accablé par toute cette cruauté, il s’est mis à réfléchir et il a constaté que c’était dans la Bible qu’il trouvait le plus de réponses à sa recherche spirituelle.

L’entretien s’est terminé sur un dialogue de l’auteur, avec Paulo, son épouse et trois étudiantes espagnoles invitées pour discuter avec eux tous. J’ai trouvé ce chapitre un peu aride.

Réflexions de la lecture de cette biographie

Coelho est un homme passionné, dit ce qu’il ressent et pense, et avec lui, pas de demi-mesure : il est très direct. Malgré sa célébrité, il me paraît un homme simple. Il savait admettre qu’il s’était trompé, ce qui dénote une certaine humilité.

Le théologien Léonard Boff dit que dans notre monde insouciant et indifférent, la lecture de ses livres réveille l’amour du mystère et de l’esprit. Quant au livre lui-même de Juan Arias, puisque c’est une biographie, naturellement on n’y cherche pas tellement le côté littéraire. C’est néanmoins bien fait, ça se lit bien, même si parfois il revient sur des bouts de vie, ce qui est un peu mêlant. On se replace toutefois très vite.

J’ai apprécié ce livre.

    Par Carmen B. Bouchard
    Club de lecture de la Bibliothèque municipale de La Tuque

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