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Coalition Solidarité Santé

Chronique de la Coalition Solidarité Santé

par Jacques Benoit

L’idéologue

Publié le 4 décembre 2018


J’écoutais le discours inaugural du premier ministre François Legault.

J’attendais qu’il prononce le mot “climat” dans toutes ses variations possibles, mais surtout liées à l’urgence d’agir qui s’y attache, une urgence qui ne cesse d’être confirmée par les rapports et avis scientifiques qui s’accumulent depuis plus d’un an, une urgence d’agir qui concerne non seulement la santé de toutes les Québécoises et tout les Québécois, mais aussi leur survie de même que celle de toute l’espèce humaine.

Puis, tout à coup, c’est arrivé : “La survie de notre planète est en jeu, et je ne peux pas ignorer ce défi de l’urgence climatique et continuer de regarder mes deux fils dans les yeux. L’audace dans ce domaine consiste à regarder la réalité en face, à nous retrousser les manches malgré l’ampleur colossale du défi qu’on a devant nous”.

Ça y est ! Il avait compris. Il avait même prononcé le mot “urgence”. On va enfin agir et cesser de jouer à l’autruche !

Les solutions existent, elles sont connues de tous les gouvernements, même le simple citoyen peut les trouver sur Internet.

Il y a ce qu’il faut faire immédiatement pour inverser le cours du réchauffement, des mesures de fond pour réduire nos émissions de gaz à effets de serre (GES), comme ce que met de l’avant le Front commun pour la transition énergétique. L’une d’elles spécifie que “tous les projets d’infrastructure et de développement économique doivent répondre à un test climat rigoureux reposant sur des bases scientifiques solides, crédibles et reconnues, et ce pour l’ensemble du cycle de vie lié à la fabrication, l’usage et selon la fonction de la production envisagée”. Ça me semble plus que logique : il ne faut pas gaspiller nos ressources en investissant sur des trucs sans prévoir leur effet à moyen ou long terme sur le climat. Hého !… Ce dont on parle, c’est de la possibilité ou pas d’avoir un avenir, pas d’aggraver encore plus la situation !

La Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique résume bien les conséquences graves dont parlait le secrétaire général de l’ONU quand il disait en septembre dernier qu’il ne reste que deux ans aux États pour agir sous peine d’en payer le prix.

Et en parallèle de ces changements fondamentaux, il faut mettre en place des mesures de protection pour prévenir le mieux possible des impacts du réchauffement en cours, pour protéger la santé de la population.

Mais il n’y a pas à craindre, me suis-je dit : le premier ministre veut continuer de regarder ses deux fils dans les yeux, il a parlé d’audace, il va…

C’est à ce moment que François Legault enchaîna : “Si on est sérieux dans notre volonté de lutter contre les changements climatiques, il faut éviter les discours idéologiques voulant que tous les projets de développement soient néfastes. Et j’ai un exemple en tête : le troisième lien”.

Mais, qu’est-ce qu’il racontait ?… Où ça, de l’idéologie ?

“On peut faire du troisième lien un épouvantail ou un repoussoir ou en faire un projet de développement durable permettant de construire un véritable système de transport structurant pour…”

Hein ?… Développement durable ?… La seule chose de durable que va développer ce troisième lien, c’est le réchauffement climatique ! Les preuves ne manquent pas dans le monde pour le prouver : plus d’autoroutes plus larges ne sont pas synonymes de décongestion, au contraire.

Pendant que M. Legault poursuivait son discours, je n’ai pu m’empêcher de googler “idéologie”. L’une des définitions cadrait tout à fait avec ce qu’il venait de dire : “théorie vague et nébuleuse, portant sur des idées creuses et abstraites, sans rapport avec les faits réels”.

La seule audace qu’avait notre premier ministre était celle de nier les faits, de nier la science. Comme un certain président au sud de nos frontières.

M. Legault continuait de plus belle : “Donc, éducation, économie, santé, c’est ça, nos trois grandes priorités…”.

Où était passée la survie de notre planète en jeu ? La réalité à regarder en face ? Le retroussage de manches ? L’ampleur colossale du défi ? Ses deux fils dans les yeux ?… Pouf ! Disparus !

Urgence climatique ? Pas de problème : éducation, économie santé !…

Comme quelqu’un à qui on viendrait d’annoncer qu’il a un cancer de stade 3, mais qu’il y a espoir si on débute immédiatement des traitements-chocs, et qui annoncerait en sortant du bureau du médecin qu’il va se soigner en terminant sa maîtrise, en mettant plus d’argent dans son REER et en mangeant pas trop salé !

Par intérêt ou par inconscience, le premier ministre continuait à parler de création de richesse, de développement de notre économie, d’enrichissement collectif.

C’est ça : rattrapons le niveau de richesse de nos voisins en fonçant plus rapidement dans le mur !

Il a dit que l’éducation, c’est l’avenir de la nation québécoise, et que l’avenir de nos enfants, l’avenir du Québec va être protégé, qu’il veut donner à chaque enfant tous les outils pour atteindre son plein potentiel…

Mais le premier outil à leur donner pour leur avenir ne devrait-il pas être la possibilité de survivre physiquement ? D’en avoir un, avenir ?

Décidément, après un gouvernement de docteurs qui ne voyaient dans la Santé qu’une occasion d’affaires, nous voici maintenant avec un gouvernement de comptables qui considèrent qu’un déficit climatique peut se régler en l’échelonnant sur plus d’années.

L’Éducation sera la priorité, a-t-il insisté.

Monsieur le premier ministre, quand on forme des gens pour qu’ils aient les diplômes, il faut les écouter.

Les scientifiques se basent sur des faits.

Les idéologues sont ceux qui les mettent en doute !

Jacques Benoit

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