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Collectif pour un Québec sans pauvreté

Chronique du Collectif pour un Québec sans pauvreté

 

Mise en oeuvre du programme Objectif emploi : une approche contraignante et punitive qui ne règle rien !

Publié le 25 juillet 2017


Le gouvernement du Québec vient de dévoiler le projet de règlement qui vise, notamment, la mise en oeuvre du programme Objectif emploi. Celui-ci confirme que les personnes qui feront une première demande d’aide sociale devront obligatoirement participer à ce programme et que, si elles ne le font pas d’une façon jugée satisfaisante, leur prestation sera coupée d’un montant pouvant aller jusqu’à 224 $.

Pour Serge Petitclerc, du Collectif pour un Québec sans pauvreté et co-porte-parole de la Coalition Objectif Dignité, “L’attitude du gouvernement est très contradictoire. Le ministre Blais nous promet depuis le début un meilleur accompagnement pour les personnes, mais le projet de règlement ne donne pas de détails sur les modalités de cet accompagnement, ni même sur le processus d’élaboration des plans d’intégration en emploi. Au contraire, son règlement parle essentiellement des sanctions financières qui seront imposées aux personnes qui ne seront pas en mesure de se conformer aux exigences du programme Objectif emploi”.

Ces imprécisions et ces incohérences amènent Yann Tremblay-Marcotte, du Front commun des personnes assistées sociales et co-porte-parole de la Coalition, à se questionner : “Appauvrir des personnes déjà pauvres, comment cela va-t-il les aider à s’en sortir ? La prestation de base à l’aide sociale ne permet même pas de répondre à la moitié des besoins essentiels, même avec l’ajout des allocations de participation. Puisque les nouvelles pénalités s’ajoutent aux autres sanctions déjà prévues, la prestation de base pourrait être coupée de moitié. C’est inacceptable ! C’est d’un rehaussement de l’aide sociale que les prestataires ont besoin pour sortir de la pauvreté, pas de la mise en place de mesures coercitives basées sur des préjugés”.

Témoignage

Une résidante de Québec, Julie Montreuil, peut en témoigner : “Il y a vingt ans, j’ai dû demander de l’aide sociale. J’aurais été l’une de ces personnes incapables de s’engager dans une démarche d’employabilité. Mon conjoint de l’époque et moi avons été atteints par la maladie en même temps. Cela m’a pris 18 ans avant d’avoir un diagnostic et d’être évaluée convenablement. J’ai un syndrome d’Ehlers-Danlos de type hypermobilité. À l’époque, j’ai dû cesser mes études et demander de l’aide sociale. Je ne me serais pas présentée si on m’avait appelée pour participer à des démarches d’employabilité, car j’étais dans l’impossibilité de le faire. Mon temps et le peu d’énergie que j’avais étaient entièrement consacrés à mes enfants. Qu’est-ce qui me serait arrivé ?”.

60 jours de… consultation ?

En demeurant fermé aux avis de centaines d’organisations opposées à son approche coercitive à l’aide sociale, le gouvernement a démontré son manque de vision ainsi que son incompétence en matière d’aide à l’emploi. Son choix de dévoiler un projet de règlement aussi fondamental en pleine période estivale témoigne d’ailleurs une nouvelle fois de sa volonté d’esquiver le débat. Malgré cela, la Coalition Objectif Dignité entend profiter des 60 jours de consultation qui s’amorcent pour continuer de dénoncer le recul que constitue cette approche pour les droits des Québécois et des Québécoises.

À propos de la Coalition Objectif Dignité

La Coalition Objectif Dignité réunit une vingtaine de regroupements nationaux s’opposant aux récentes réformes à l’aide sociale. Elle réclame des mesures volontaires et adaptées aux besoins des personnes ainsi qu’une prestation qui couvre les besoins de base. Plus de trois cents groupes appuient la Coalition et ses demandes.

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