C’est en formule cabaret devant une soixantaine de personnes que la jeune auteure-compositrice-interprète Amylie s’est produite le 7 avril dernier. Malgré une timidité avouée, elle a su entraîner la majorité des gens dans sa douce folie.
Entourée de quatre musiciens à la batterie, la basse, le violon et le violoncelle, Amylie complétait le groupe avec son piano et son clavier.
Sa voix rappelle Zaz et Ariane Moffat ; elle est parfois chuchotement, parfois enthousiasme.
L’artiste a retiré de toute évidence un grand plaisir de son passage en sol latuquois. L’accueil des gens a été très chaleureux et je crois qu’ils auront contribué à lui faire grimper d’un échelon sa quête vers la victoire sur sa timidité.
Un répertoire pour jeunes adultes
Les thèmes de ses chansons reflètent son jeune âge : l’amour, les peines d’amour, et l’apprentissage de la vie. Certaines chansons ont été écrites à l’adolescence, selon ses dires. Il est dommage que peu d’ados et de jeunes en début de vingtaine aient été présents. Ils se seraient rapidement identifiés aux paroles de l’auteure.
Ceci étant dit, le spectacle a été très bien reçu par la foule, qui allait de jeunes adultes jusqu’aux grands-parents. Celle-ci a frappé des mains lorsque demandée, s’est levée au moment opportun, a chanté avec l’artiste et a même agi comme percussionniste lorsqu’on a distribué des pots scellés avec des pâtes alimentaires (!). Par moments, on aurait dit des larrons en foire. L’amusement a été mutuel entre les musiciens et la foule.
Toutefois, j’ai trouvé plutôt infantile la demande de l’artiste de tenir la main de son voisin-e avant l’interprétation d’une chanson. Geste plutôt grégaire que spontané.
En début de 2e partie, elle a chanté une chanson en anglais accompagnée uniquement à sa guitare, suivie par une autre en français toujours à la guitare à laquelle s’ajoutait le violoncelle. Une heureuse combinaison à la sonorité exquise et tout à fait unique.
Cette combinaison n’a toutefois pas été heureuse durant toute la soirée, car bien souvent les sons du violon et du violoncelle s’étouffaient sous la voix de la chanteuse et de la batterie. À certains moments, on se serait cru à l’écoute d’un film muet : on voyait les musiciennes à leur instrument, mais aucun son n’était distinctif. De même, les paroles étaient parfois inaudibles en raison d’une sonorité mal équilibrée.
Bref, un spectacle par une jeune artiste émergente qui sort à peine de l’adolescence et de sa coquille. Il y a des détails à aplanir, bien entendu, mais la maturité saura trouver son chemin.
© Alain Michaud, 2011