L’auteur-compositeur-interprète d’origine montréalaise Ian Kelly a donné un concert vendredi dernier au Complexe culturel Félix Leclerc dans le cadre de sa tournée de promotion de son second album intitulé “Speak your mind”. Celui qui fait dans le folk a rempli les attentes d’une centaine de personnes composée en bonne partie de fidèles qui attendaient sa performance avec fébrilité.
Et incontestablement, fidèles il y avait. Les premières notes de plusieurs chansons étaient reçues par des applaudissements, signe irréfutable d’admirateurs convaincus qui suivent de près Ian Kelly, et qui témoignent de la qualité de son répertoire, et ce, bien qu’il n’ait que deux disques à son actif.
Le groupe n’est composé que de trois musiciens : Ian Kelly à la guitare, Jon Day au clavier et Mark Nelson à la batterie et aux percussions. D’ailleurs, Jon Day a fait la première partie du spectacle en présentant cinq chansons de son cru tirées de son premier album. Seul sur scène, il accompagne ses textes de mélodies simples avec une voix qui n’est pas sans rappeler celle de James Blunt. Le public a bien répondu à ce musicien rempli de talent qui a certainement un bel avenir devant lui.
Ian Kelly, entre Harmonium et America
La chanson folk se caractérise par une sonorité épurée qui franchit les frontières du temps avec ses paroles universelles. À ce chapitre, Ian Kelly vise en plein dans le mille. Il captive son auditoire avec ses mélodies et le charme avec ses paroles qui capturent l’essence de la vie.
La musique n’est jamais tapageuse, mais tient plutôt d’appui à la voix de l’interprète, parfois murmurante, parfois puissante. À titre d’exemple, loin de défoncer la caisse, la batterie et les percussions font l’objet d’un équilibre savamment pesé. Le rythme est soit entraînant, soit méditatif.
Lorsque le groupe se lançait dans de longues envolées musicales, je ne pouvais qu’établir un lien avec Harmonium, qui favorisait l’épanouissement du talent de ses musiciens ; ou bien à d’autres reprises, les voix d’Ian Kelly et de Jon Day réunies m’amenaient à les associer aux harmonies si savoureuses qu’accomplissait avec tant de maîtrise le groupe America.
Un communicateur humoristique
Ian Kelly ne fait pas que chanter ; il interpelle également son public sans relâche. Chaque pièce est présentée avant sa livraison. Il dialogue avec les gens, laissant transparaître son sentiment d’insécurité et son désir de leur plaire. Ses propos sont souvent humoristiques, affables, toujours de bon goût. Sa théorie sur les rappels était un pur régal.
Parlant de rappel, il a interprété trois chansons. Lors d’une, il était accompagné au xylophone par Jon Day, qui en faisait une pièce assez unique à entendre. Pour clore le spectacle, il a chanté en solo la chanson fétiche de Leonard Cohen “Hallelujah”, que K. D. Lang a entre autres interprété aux Jeux olympiques de Vancouver l’hiver dernier.
Lors de sa propre interprétation, il a envoûté le public, celui-ci psalmodiant le refrain. Un moment d’ultime communion pour un chanteur qui a assurément le feu sacré.
Pour en connaître davantage sur Ian Kelly, vous êtes invités à consulter son site.
© Alain Michaud, 2011
Mr. Michaud, votre chronique sur Ian Kelly est excellente. Cette soirée fut un pur délice.