Le groupe humoristique Chick’N Swell de Victoriaville était de passage à La Tuque le 31 janvier dernier afin de présenter son spectacle. Le public a eu droit à des sketches où l’absurde s’est fait roi et maître durant les 90 minutes qu’a duré la prestation.
Les trois membres du groupe, Francis Cloutier, Daniel Grenier et Ghislain Dufresne, torpillent en effet sans retenue vers les abysses de l’absurdité tout navire battant pavillon de la logique. L’exemple le plus flagrant à mes yeux est la série de numéros “qui ne sera jamais présentée au public”. Parmi ces numéros, notons celui des grains de maïs, où deux comédiens personnifient des grains de maïs… qui éclatent. La foule a même eu droit au blooper de ce même numéro. Vous vous doutez bien que dans cette version, il y a un grain qui n’éclate pas… Absurde, dites-vous ?
Maniant les changements de costumes avec la rapidité de l’éclair et les déplacements d’arrière-scène tout aussi véloces, le trio s’outille en plus d’une panoplie d’accessoires fabriqués maison, qui va de la marionnette en forme de porc aux multiples effigies cartonnées, en passant par les décors mobiles afin d’illustrer ses textes.
Un écran comme appui visuel
À ces accessoires s’ajoute un écran géant situé en plein milieu de la scène. Il sert à seconder le jeu des comédiens (par exemple, l’un d’eux simule le lancer d’une roche sur l’eau et l’on voit celle-ci à l’écran se répercuter dans une rivière), à parodier une pièce musicale sur les ondes de “Toune Plus”, ou bien encore à projeter un minifilm qui renvoie dans le temps les spectateurs dans le but de leur faire connaître le contexte d’un sketch (comme celui des parachutistes qui ont oublié d’enfiler leurs parachutes, mais pas d’apporter des sandwichs…).
Ce même écran sera utilisé à la toute fin du spectacle pour en établir la conclusion, où des liens seront tissés pour relier plusieurs éléments récurrents durant la soirée.
Un humour parfois fantoche
Il faut dire que l’humour de ce groupe ne sied pas à tous. Une très courte distance sépare la frontière entre l’absurde et le ridicule, distance que le groupe a franchie à certaines reprises. Autant quelques numéros étaient un triomphe de l’imagination (la poursuite policière en pleine nuit, utilisant des lampes de poche comme phares), autant en d’autres occasions, j’avais l’impression de sombrer dans l’infantilisme (la parodie de “Star Trek”, beaucoup trop longue et aux gags résolument répétitifs).
Malgré la réputation solidement établie des Chick’N Swell, qui ont tenu à l’antenne de Radio-Canada une émission hebdomadaire durant trois saisons, seule une centaine de personnes s’étaient déplacées pour l’occasion, dont une bonne partie était composée de jeunes et d’adolescents. Selon les commentaires entendus après le spectacle, il semble que ce soit cette génération qui ait le plus apprécié ce type d’humour.