Ceux et celles qui n’avaient jamais assisté à un spectacle de Luc De Larochellière ont eu droit à toute une révélation vendredi dernier : non seulement l’artiste répond-il aux attentes des spectateurs avec ses chansons interprétées sans failles, mais il se dévoile comme étant de plus un conteur habile qui sait hameçonner son public.
Et il a pris un malin plaisir à pêcher toute la soirée… au plus grand délice de la centaine de personnes qui s’étaient déplacées pour l’occasion (l’anecdote relatant l’origine de son nom valait son pesant d’or). C’était manifestement pour plusieurs une véritable joie que de le revoir à La Tuque après une absence prolongée.
Durant cette tournée, il interprète intégralement les chansons de son dernier album,“Un toi dans ma tête”, qui est son huitième en carrière. Un album à son image, tout en douceur musicale et aux paroles qui forcent la réflexion.
Une orchestration différente
Luc De Larochellière s’entoure de trois musiciens pour livrer sa performance. Ce sont tous des musiciens extrêmement talentueux, qui oeuvrent sur des instruments qui diffèrent en bonne partie de ceux retenus pour l’enregistrement en studio.
Ainsi donc, nous entendons Luc De Larochellière à la guitare acoustique, un musicien aux piano et claviers, un autre à la basse et contrebasse, puis enfin, tous joués par un dernier musicien, violoncelle, batterie et percussions (et parfois simultanément). Ce dernier, Étienne Ratté, se fait surnommer à juste titre “la pieuvre”.
Un choix d’instruments qui étonne, mais qui ravit, car la sonorité qui s’en dégage est pure et limpide. On ne perd jamais la prononciation des paroles dans toute cette présence musicale. À vrai dire, le quatuor m’a rappelé le spectacle d’Oliver Jones l’an dernier où la pureté des instruments conjuguée à la justesse de la voix de l’interprète avait laissé un souvenir impérissable.
Cet heureux mélange fait en sorte que l’on ne reconnaît pas immédiatement les chansons dès les premières notes, ce qui est un peu désorientant. Toutefois, il n’en demeure pas moins que c’est une belle surprise que l’auteur-compositeur-interprète nous réserve.
Déjà 20 ans de carrière
Sa carrière a pris son envol après qu’il eut remporté trois prix au festival de la chanson de Granby en 1986.
Dès son premier album “Amère America”, sorti en 1988, il initiait le grand public à son écriture parsemée de jeux de mots et lui démontrait sa capacité non seulement à lire les comportements humains, mais également à les dénoncer. Il est incontestablement un fin observateur de la société et de ses mœurs et sait trouver les mots pour traduire sa pensée.
À cet égard, Luc De Larochellière poursuit dans la même veine, vingt ans plus tard. Considérez le titre de son dernier album “Un toi dans ma tête”, où il est principalement question de relations amoureuses. Quoi de plus significatif comme sélection !
Il a bien entendu revisité ses grands succès : Amère America, Si fragile (uniquement accompagné de sa guitare), Sauvez mon âme, Cash city, Six pieds sur terre, et Ma génération, entre autres. Chacun d’eux a été reçu par une salve d’applaudissements bien nourrie.
Personnellement, ce spectacle fut une véritable découverte. Moi qui le croyais plutôt austère, j’ai tout au contraire été conquis par ses talents de communicateur hors pair, qu’il double d’un bon sens de l’humour pince-sans-rire. J’ai adoré.
Comme la majorité des artistes, Luc De LaRochellière est présent sur le Web.
© Alain Michaud, 2011