Le groupe “Mes Aïeux” était de retour à La Tuque après une absence de sept ans afin de présenter son plus récent album “La ligne orange”. Sans l’ombre d’un doute (plus de 300 témoins de toutes générations vous le confirmeront), ces retrouvailles ont été festives à souhait et le groupe, de toute évidence, était en forme pour veiller en ville.
S’introduisant au public par l’arrière d’une scène divisée en trois paliers et ornée de deux arches illuminées, les sept membres de la formation s’y sont déplacés allégrement durant toute la soirée, parfois dans un ballet chorégraphique parfaitement orchestré, parfois sous l’impulsion du moment. Les partitions réservées aux cuivres en particulier, que ce soit en solo ou en duo, étaient singulièrement divertissantes.
Stéphane Archambault, le chanteur, agit comme maître de piste sous ce chapiteau musical : il est chaleureux, charismatique, excellent communicateur et adore minauder devant la foule. Celle-ci a été séduite d’emblée par son jeu théâtral, notamment lors de l’interprétation de la chanson “Basse-cour” où ses mouvements le feraient entrer en compétition directe avec les danseurs du 281 à Montréal (ou Stéphane Rousseau, c’est selon…).
Du talent à revendre
Mais au-delà du chanteur, il y a des musiciens de grand talent, dont la virtuosité n’a d’égal que la pluralité des instruments qu’ils maîtrisent parfaitement. En tout, j’ai répertorié plus de quatorze instruments : guitare, basse, mandoline, autoharpe, glockenspiel, saxophone, trompette, claviers, clarinette, banjo, accordéon, violon, flûte traversière, batterie, et percussions diverses. Et c’est omettre de dire l’harmonie vocale qui enveloppe cette sonorité bienveillante.
La majorité des pièces de la première partie du spectacle ont été consacrées à leur nouvel album (fortement recommandé, en passant), auxquelles se sont greffées des chansons plus connues de leur répertoire : “La corrida de la Corriveau” aux échos latinos fort réussies, “Qui nous mène ?” et “Continuer pareil”. Cette première partie s’est terminée par une leçon historico-socio-économique portant sur La Tuque, où deux membres du groupe, en introduction au morceau “Grande déclaration”, ont récité des faits et chiffres sur notre ville. L’information était d’une précision irréfutable.
Une deuxième partie endiablée
Stéphane Archambault nous avait bien prévenus avant l’entracte : la deuxième partie s’avérerait plus rythmée que la première. Et vous savez quoi ? Il a tenu parole.
Après deux chansons biographiques (à propos du joueur de hockey des Canadiens Howie Morentz décédé en 1937, et le légendaire Alexis le trotteur décédé en 1924) et un hommage à la poutine (sans farce !), le groupe a avivé le feu qu’il avait allumé en se servant de sa chanson culte “Dégénérations”. C’était l’étincelle nécessaire pour que le feu se métamorphose en véritable brasier.
À partir de ce point, plus de répit pour les jambes et les mains. Les gens se sont levés d’un seul trait, ont dansé et ont tapé dans les mains sans interruption jusqu’à la fin du spectacle. Le groupe a même dirigé les mimiques de “Remède miracle” (thème musical de l’émission à Télé-Québec “Une pilule, une petite granule”) envers une foule qui ne demandait pas mieux que de bouger et de participer.
Somme toute une soirée mémorable du début à la fin, exquise et rafraîchissante, qui aura réjoui le coeur d’une ville qui a un besoin pressant d’éloigner les nuages gris qui stagnent au-dessus de sa tête. Ce spectacle aura constitué un souffle salutaire.