Plus de cent personnes s’étaient données rendez-vous le samedi 19 juillet dernier au sous-sol de l’église Saint-Jean Bosco de La Bostonnais pour assister au souper spectacle “Que Zany temps-porte”, présenté par la troupe de théâtre Chaman. Une véritable odyssée historique dans la plus pure tradition chevaleresque moyenâgeuse… rires et chants en prime.
La pièce tourne autour de Vincent, un simple paysan de l’époque médiévale pour qui le coeur vacille pour la belle Marie-Jeanne. Mais voilà, la gente damoiselle est également convoitée par le Roi. S’ensuit une guerre où Vincent périra et, avec lui, tout espoir pour Marie-Jeanne de mener une vie heureuse auprès de son prince charmant. Cependant, une fois rendu au Ciel, Vincent se voit donner la chance de retourner sur Terre et épouser sa belle s’il franchit avec succès quatre épreuves, dans quatre époques différentes. Réussira-t-il sa quête ?
Dans son immense miséricorde, Dieu désignera Zany, un personnage haut en couleur, pour accompagner Vincent. Il sera son mentor, lui expliquant les us et coutumes de chaque époque qu’ils traverseront ensemble. S’amorce alors le long périple qui rapprochera toujours un peu plus Vincent de Marie-Jeanne. On se retrouve en premier lieu en Égypte au temps de Cléopâtre, pour bifurquer ensuite à l’ère du Far West américain, se rediriger par la suite dans les années 1950, pour enfin terminer le tout au temps de la période disco des années 1970.
La pièce repose principalement sur les épaules de Charles Cloutier, qui joue le rôle de Vincent. Il est habilement appuyé en second par Régis Gravel, qui campe le personnage de Zany, et par les autres comédiennes et comédiens de la troupe, soit Manon Girard, Laurie Hémond, Sophie Boulianne, Nicolas Côté, Nicolas Cloutier et Jean-Paul Moisan, qui viennent accentuer avec justesse les symboles et les images propres à chaque époque.
Les costumes des acteurs, très nombreux (les changements de costumes de déroulent à un rythme effréné), représentent bien les époques visitées, particulièrement les vêtements féminins de l’époque médiévale, avec toute l’élégance des longues robes et des lacets si joliment noués, ainsi que les tenues de circonstances des danseuses de saloon du temps du Far West.
Tout au long de la pièce, les projections multimédias se multiplient afin de soit plonger les spectateurs dans la prochaine époque qui sera visitée, soit pour expliquer un contexte historique (l’enlèvement de Marie-Jeanne, une journée dans la vie d’un amateur de disco, etc.). Il est fort aisé de conclure que le temps qui a été consacré à la recherche d’images et de sons pour ces montages multimédias est tout simplement colossal.
Le jeu des comédiens est souple même si on détecte parfois un brin de nervosité dans les yeux de certains. À leur décharge, il faut ajouter que cette représentation devant public n’était que la troisième de l’été et que peu d’entre eux ont l’expérience de la scène. Néanmoins, la chorégraphie des déplacements était fluide, rendue pourtant difficile par la présence d’une longue passerelle centrale qui traverse la salle, et où la plupart de l’action prenait place. M. Cloutier est particulièrement expressif, et joue sans réserve avec un aplomb inattendu.
Les talents musicaux de messieurs Gravel (à la batterie) et Moisan (à la guitare), et Cloutier (à la voix) sont mis à contribution aux époques western et des années cinquante. Une idée originale qui permet d’entraîner la foule par l’entremise de chansons connues de tous. À noter également la prestation au piano de Madame Hémond à la toute fin de la représentation qui, par la simplicité et l’élégance des mélodies, charme tout simplement la foule.
Une soirée somme toute conviviale et chaleureuse, où le vaudeville côtoie la dramatique, mais où tout se solde sur une note heureuse. Les spectateurs ont fortement apprécié cette soirée, noircie légèrement à quelques reprises par des commentaires émis ici et là à haute voix par certains d’entre eux pendant que le jeu se déroulait, comme si la pièce se voulait interactive. Or, ce n’était pas le cas. La plus élémentaire règle de courtoisie en théâtre est de laisser toute la place aux comédiens : ce sont eux qui jouent la pièce et non les spectateurs. Théâtre d’été ou non, comédie ou non, le spectateur a son propre rôle à jouer. Qu’il s’en tienne à cela.
Pour en savoir plus sur la troupe Chaman, visitez son site Web.