C’est par un vendredi à la météo ténébreuse qu’une vingtaine de personnes se sont rassemblées au Complexe culturel pour entendre Ivy qui présentait son spectacle “Slamérica”. L’enthousiasme du public a été inversement proportionnel à son nombre.
Accompagné de trois musiciens, son spectacle ininterrompu a duré 1h30. Il a réjoui les spectateurs par sa remarquable maîtrise de la langue française et son sens poussé de la dérision. Le plus bel exemple de cela est la réécriture de la fable de La Fontaine “La cigale et la fourmi”, où l’art est valorisé par rapport au labeur.
La variété des thèmes abordés était surprenante : politique, urbanisme, automobiles, etc. À chaque occasion, Ivy a étonné les gens avec la pertinence de ses observations et l’acuité de ses rimes.
Il nous a aussi fait grâce de quelques poèmes sans musique.
Percutants à souhait, ses poèmes réunissaient tous des jeux de mots. Ceux-ci étaient le reflet d’une grande culture générale doublée d’une énorme curiosité.
La foule n’a pas été en reste avec une participation à la fin du spectacle où tous devaient répondre “Slam” à des endroits précis d’un poème qu’Ivy récitait. Les gens ont bien apprécié ce jeu.
Rappelons que le slam est né il y a plus de 20 ans aux États-Unis, plus précisément à Chicago. Cette forme poétique pousse à l’avant-scène la performance, dynamise en fait, le poème. C’est de l’excentricité verbale où le poème est “stéroïde” et opère une magie fracassante.
Son penchant québécois existe depuis environ 3 ans, et Ivy en constitue une pierre angulaire. Le recevoir à La Tuque a été un privilège. Tous ceux qui ont assisté à sa prestation en garderont un excellent souvenir.
© Alain Michaud, 2010