Le répertoire des Cowboys Fringants se conjugue en chansons qui oscillent entre les revendications sociales et la douce folie délirante. Leur style alliant la musique traditionnelle et le folk en a séduit plus d’un au fil de leur carrière, avec le résultat que le groupe se retrouve aujourd’hui avec une base de fidèles prêts aux plus grands déplacements pour les voir en spectacle. C’est nettement ce qui s’est produit samedi dernier alors que plusieurs personnes avaient remonté la route 155 pour être présents au Complexe culturel Félix Leclerc.
Les Cowboys Fringants sont fort occupés ces temps-ci : tournée au Québec en février et mars, puis départ pour l’Europe en avril, et enfin retour au Québec en mai. Le spectacle de La Tuque, originellement prévu le 24 avril, aura été devancé en raison de la tournée européenne. Et puisque le groupe ne se produit pas dans la région avant la fin mars, le mot s’est répandu pour un rendez-vous en sol latuquois.
Deux publics
Pour l’occasion, la fosse avait été transformée en plancher pour y accueillir les gens qui désiraient bouger au rythme de la musique. Peu peuplée durant la première partie du spectacle, celle-ci s’est révélée un refuge pour beaucoup plus de gens durant la seconde partie. Cette section s’est montrée à tous points de vue beaucoup plus enthousiaste que les autres spectateurs durant plus des trois quarts du spectacle. Ce n’est que passé la mi-chemin de la deuxième partie que la vague s’est finalement abattue sur le reste de la salle et que tous ont vibré allègrement.
Les chansons de l’album “L’expédition” ont majoritairement fait les frais de la première partie, auxquelles se sont greffées quelques pièces de leur répertoire plus connu. Des chansons très rythmées, voire endiablées à quelques reprises, dont l’émotion amenait le bassiste et les deux guitaristes à butiner sur la plateforme du batteur et un peu partout ailleurs sur la scène. Le bassiste en particulier, Jérôme Dupras, torse nu et en bermuda, s’émoustillait à s’en fendre l’âme.
Quant à Karl Tremblay, le chanteur et leader du groupe, il a su inclure des références locales au bon moment pour faire réagir la foule. De son côté, Marie-Annick Lépine a ajouté une touche musicale hétéroclite par la diversité des instruments qu’elle met si bien en valeur (violon, accordéon, claviers, glockenspiel, mandoline et flûte à bec).
Convivialité et déraillement
Après un entracte d’une vingtaine de minutes, la seconde partie s’est amorcée sur les “caps de roue”. Les chansons se suivaient en cascade jusqu’à ce que la foule réclame des chansons précises. Le groupe s’est laissé entraîner dans le jeu, au point de délaisser pour quelques instants la liste des chansons prévue pour la soirée. Le tout s’est déroulé dans la convivialité et la bonne humeur, laissant filtrer la personnalité bon enfant du groupe. Le public a adoré cette escapade qui, avouons-le, constitue un fait plutôt inusité dans un spectacle.
C’est probablement cette facette exposée du groupe, jumelée à l’invitation lancée, séparément, à deux jeunes filles à monter sur scène, qui a davantage charmé la foule et fait oublier la réponse plus mitigée de la première partie. Soulignons que l’une des deux jeunes filles célébrait son anniversaire de naissance ce soir-là. Une présence sur scène lors d’un concert de son groupe favori prouve peut-être que les souhaits effectués en soufflant sur les bougies de son gâteau de fête se réalisent parfois… comme lorsqu’on observe “Les étoiles filantes” (chanson-culte du groupe sur laquelle le spectacle s’est terminé).
J’ai assisté samedi au spectacle avec ma fille, nous avons beaucoup aimé notre soirée.
Personnellement, j’aime ce groupe depuis plusieurs albums. Ce sont de très bons musiciens. Ils ont été généreux, le spectacle s’est terminé à 23 heures.
Mais j’avais l’impression que les gens, pas tous, mais certains n’osent pas chanter, danser et pourtant ce n’est pas une pièce de théâtre, c’est plaisant de se laisser aller d’embarquer dans la magie de cette musique pendant quelques heures.
Après le spectacle, ils ont pris le temps pour les autographes, photos et discuter avec les gens.
C’est des Québécois qui ont toujours été très engagés, prenez le temps d’écouter les paroles de leurs chansons. Ils sont très impliqués socialement…
Leur tournée de 3 ans est une tournée verte. Une première mondiale en raison de la prise en compte des gaz à effet de serre (GES) émis lors des déplacements du groupe et des spectateurs. Ce qui nécessite une compensation équivalente à la plantation d’arbres. (voir sur leur site Web).
Leur kiosque d’articles à vendre comptait leurs CD, macarons, chandails en coton biologique fait au Canada, des sacs réutilisables fait au Québec…
En achetant billets ou CD, un pourcentage va à leur fondation qui protège l’environnement. Comme la tourbière du Lac à la Tortue, etc.
Je trouve ça génial quand je vois des jeunes qui écoutent cette musique et comprennent que ce n’est pas seulement les plus vieux qui croient au changement climatique.
Bravo les Cowboys pour votre énergie sur scène et votre implication !