En plus d’être directeur général de l’usine Smurfit-Stone, Pierre Pacarar est aussi tromboniste au sein de l’Harmonie de La Tuque. L’organisation musicale elle-même descend directement du Mechanic’s Band, formé par des mécaniciens de la Brown Corporation en 1911. C’est sans aucun doute un pur hasard, mais il y a là un drôle de lien !
À l’instar des mécaniciens de la compagnie, jouer de la musique est un véritable passe-temps pour Pierre Pacarar. Et toute la famille partage le même loisir culturel ; en effet, le père, la mère et l’aîné sont membres de l’Harmonie de La Tuque et il ne saurait tarder avant que les cadets joignent les rangs de la formation musicale. En fait, cela semble être beaucoup plus qu’un simple divertissement. Même s’il arrive souvent que parents et enfants pratiquent ensemble juste pour le plaisir, cela contribue à soutenir les efforts de l’aîné qui participe régulièrement à des concours de soliste.
Même s’il jouait de la musique à l’école secondaire, il n’en demeure pas moins que Pierre Pacarar n’avait pas retouché à un trombone à coulisse depuis près de 25 ans ! D’abord sollicité par des collègues de travail, eux-mêmes musiciens au sein de l’Harmonie de La Tuque, il a finalement cédé sous la pression de… l’intérêt personnel ! Malgré un emploi du temps surchargé, il a alors jugé important de prendre une pause de la routine particulièrement rythmée de la vie quotidienne. Autrement, il ne l’aurait sûrement pas fait et il ne le regrette pas, au contraire ! Pour lui, le relatif isolement du milieu latuquois a représenté une belle opportunité.
Dans un autre grand centre urbain, par exemple, cela n’aurait pas été un réflexe naturel de joindre les rangs d’une harmonie. Mais puisque la richesse du milieu latuquois repose non seulement sur le fait que toutes les organisations culturelles ont la chance de pouvoir produire des spectacles dans une salle professionnelle, mais aussi sur le talent des artistes amateurs, jouer de la musique au sein de l’Harmonie de La Tuque procure à Pierre Pacarar un certain plaisir de performer.
En tant que directeur général de l’usine Smurfit-Stone, mais surtout en tant que musicien amateur lui-même, Pierre Pacarar considère que chaque individu doit pratiquer un loisir culturel, quel qu’il soit, pour sortir momentanément de la routine. Car si l’art et la culture n’existaient pas, comment pourrait-on vraiment apprécier la vie sans les couleurs de la peinture, les mots de la littérature et, bien entendu, les notes de la musique ?
Véronique Saint-Gelais