Le nom de la famille Spain est bien évidemment associé au magasin de la rue Commerciale. Mais qui sait que celui de Vincent Spain correspond à la seule et unique fondation privée à La Tuque ? Mise sur pied en 1990, la Fondation Vincent Spain pour les arts et la culture a donné près de 50 000 $ aux organismes culturels latuquois. Là-dessus, la grande majorité de la somme a été versée à la Corporation de Développement des Arts et de la Culture (CDAC) de la Ville de La Tuque, gestionnaire du Complexe culturel Félix Leclerc, pour assumer les frais de location de salle des chorales, des harmonies et des troupes de théâtre.
Né à La Tuque, Vincent Spain a lui-même géré l’entreprise familiale avant de prendre une retraite bien méritée en 1985. À l’époque, il était bien trop occupé pour être concerné par la culture ! Malgré le fait qu’il ne se considère pas comme un artiste, même amateur, il n’en demeure pas moins Vincent Spain est devenu un consommateur culturel averti ; il assiste à des représentations d’opéra (Montréal, New York, etc.), il fréquente régulièrement le Complexe culturel Félix Leclerc, autant lors des concerts locaux que des spectacles professionnels, et il a même déjà participé à des voyages thématiques en Europe, en compagnie de l’Orchestre symphonique de Québec.
À la délicate question du financement de la culture à La Tuque, Vincent Spain répond que, à l’instar de tous les milieux culturels du Québec, les organismes locaux ne sont malheureusement pas sans savoir qu’ils ne constituent ni plus ni moins que des enfants pauvres. Il a tenté, tant bien que mal, de sensibiliser les quelques fortunes latuquoises à l’importance de soutenir financièrement la culture locale. Et c’est sans surprise que ce fut sans succès… En attendant, la Fondation Vincent Spain pour les arts et la culture gère seule le flux des demandes.
À l’aube du centenaire de la Ville de La Tuque, la Fondation Vincent Spain pour les arts et la culture, consciente que l’année 2011 revêtira un caractère particulièrement spécial, a même déjà engagé un certain montant d’argent. Tellement qu’il prétend même accuser un léger déficit budgétaire ! Mais c’est sans réelle importance ; pour Vincent Spain, il est primordial de soutenir financièrement la culture sur le territoire de La Tuque et du Haut Saint-Maurice.
Tout comme pour le magasin, la relève familiale assurera l’avenir de la Fondation Vincent Spain pour les arts et la culture. Alors, il ne reste plus qu’à souhaiter une longue vie à une famille latuquoise qui continue, année après année, à croire au potentiel inestimable de la culture locale.
Véronique Saint-Gelais