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Chronique de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques

Cannabis : 18 ou 21 ans ?

Publié le 28 novembre 2018


Lionel Carmant, le nouveau ministre délégué aux règles entourant la consommation du cannabis, indique qu’il veut “tout faire” pour les resserrer le plus rapidement possible. Il confirme du même coup qu’il souhaite faire passer l’âge légal de consommation de 18 à 21 ans. Mais est-ce une bonne idée ?

On fait grand cas de l’âge légal de la consommation du cannabis et il semble rassurant que ce produit ne soit pas disponible aux plus jeunes. Le ministre s’inquiète, avec raison, des effets du cannabis sur le développement du cerveau des personnes n’ayant pas encore 25 ans. Il considère que, bien qu’il ne s’agisse pas d’une mesure optimale en termes de santé publique, 21 ans serait un seuil plus judicieux que 18 ans pour commencer à consommer de la marijuana.

Bien que cela semble être une position rassurante, ce projet ignore la réalité du marché du cannabis chez les 18 à 21 ans et chez les plus jeunes. Le gouvernement caquiste se met la tête dans le sable, car son projet ne permettra pas de diminuer la consommation des plus jeunes. Une bonne partie fume déjà du cannabis et ne risque pas d’arrêter même si l’âge légal augmente.

Comme le montre le plus récent rapport de l’administratrice en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada, 17 % des élèves de la 7e à la 12e année ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de l’année 2016-2017. En moyenne, ils consomment du cannabis pour la première fois à l’âge de 14 ans (p.21).

Le danger de favoriser l’augmentation de l’âge légal de la consommation du cannabis à 21 ans est que le gouvernement risque de favoriser le maintien du marché noir tout en exposant les personnes de 18 à 21 ans à des produits non vérifiés dont la mauvaise qualité peut mener à des effets encore plus néfastes pour leur santé.

Rappelons que le mandat de la SQDC, qui vend le cannabis légal au Québec, n’est pas commercial et que tous les profits sont versés dans un fonds qui l’investira dans la prévention et dans la recherche. Bref, l’argent des consommateurs de 18 à 21 ans serait mieux investi à la SQDC, qui favorise la prévention, que dans le marché noir. En soi, augmenter l’âge légal de 18 à 21 ans revient même à diminuer la marge de manoeuvre de l’État en termes de prévention de la consommation de cannabis.

Consommation de substances dangereuses chez les plus jeunes

Bien que la question de la consommation du cannabis chez les jeunes soit préoccupante, la consommation d’alcool l’est encore plus. Le rapport de l’administratrice en chef de la santé publique nous indique que 44 % des élèves entre la 7e et la 12e année scolaire ont consommé de l’alcool dans l’année précédente. Parmi ceux-ci, 14 % ont pris plus de 5 verres lors d’une occasion et l’âge moyen au moment de la première consommation est de 13 ans (p.20).

Cela aurait des répercussions à long terme puisque les Canadiens restent d’importants buveurs d’alcool. Il est estimé qu’en 2015, plus de 3 000 Canadiens sont morts des suites de problèmes liés à l’alcool et près 80 000 hospitalisations ont été causées par des problèmes de santé entièrement causés par l’alcool (p.13).

De plus, la crise des opioïdes au Canada chez les adultes semble aussi se transférer chez les plus jeunes. Trois pour cent des élèves de la 7e à la 12e année admettent avoir consommé des analgésiques pour leurs effets psychotropes dans la dernière année (p.22).

Évidemment, il ne faut pas céder à la panique et croire que les jeunes seront tous des drogués, mais il faut prendre conscience que les substances néfastes sont présentes dans le quotidien de certains mineurs. C’est pourquoi il est important d’y faire face plutôt que de l’ignorer et croire qu’augmenter l’âge légal de la consommation aura un effet réel sur la consommation des moins de 21 ans, peu importe la substance.

Par Bertrand Schepper

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