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Chronique de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques

Le gouvernement contribue-t-il à améliorer les conditions de vie des femmes ?

Publié le 15 mars 2019


À son arrivée au pouvoir à l’automne dernier, François Legault a voulu marquer les esprits en formant un cabinet comptant autant de femmes que d’hommes ; un geste important, car bien que le monde politique devrait être à l’image de la société, les hommes - blanc de surcroît - y sont surreprésentés. Si l’enjeu de la représentation compte lorsqu’il est question de faire avancer l’égalité entre les hommes et les femmes, on ne saurait se satisfaire d’une égalité de façade qui ne sert qu’à faire oublier un contexte où les rapports inégaux entre les sexes se perpétuent malgré tout. Est-ce que les politiques et les lois adoptées par le gouvernement participent à réduire les inégalités ? Voilà une préoccupation qui devrait orienter en tout temps les décisions gouvernementales.

Au Québec, le Secrétariat à la condition féminine a pour mission de “soutenir le développement et la cohérence des actions gouvernementales pour l’égalité entre les femmes et les hommes”. Pour y arriver, le gouvernement est notamment encouragé à utiliser l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). Il s’agit d’un outil d’analyse qui a pour fonction de “discerner de façon préventive les effets distincts sur les femmes et les hommes d’une loi, d’un règlement, d’une politique, d’un plan d’action ou de toute autre décision, ceci sur la base des réalités et des besoins différenciés selon les sexes”.

En 2017, la Chaire en fiscalité et en finances publiques avait par exemple procédé à une analyse différenciée selon les sexes de plusieurs mesures fiscales québécoises. Cette analyse avait entre autres mis en lumière le fait que la fiscalité peut, bien involontairement, contribuer à reproduire des rôles sociaux genrés (père pourvoyeur, mère soignante).

Le gouvernement n’est toutefois pas tenu de mesurer l’impact de son action. Or, de récentes décisions prises par François Legault et son équipe portent à croire que cette ignorance vis-à-vis les enjeux de genre risque, à moyen et à long terme, d’être préjudiciable pour les femmes québécoises. En effet, au moins trois projets de loi déposés récemment par le gouvernement ou qui sont en voie de l’être vont affecter de manière disproportionnée les femmes, et plus particulièrement les travailleuses du secteur de l’éducation.

Déposé en décembre dernier, le projet d’uniformisation de la taxe scolaire (PL3) privera les commissions scolaires d’importants revenus. En effet, comme le gouvernement devra compenser la baisse de revenus provenant de la taxe par des transferts budgétaires supplémentaires, il est difficile de voir comment il pourra en plus allouer de l’argent frais pour répondre aux besoins criants des écoles québécoises. Étant donné que 69 % de la main-d’oeuvre du réseau public d’éducation était composée de femmes en 2017, les travailleuses seront davantage affectées par ce sous-financement qui entraîne déjà stress, surcharge de travail, épuisement professionnel et rétention déficiente du personnel de l’éducation.

Le projet de loi prévoyant le déploiement des maternelles 4 ans à l’échelle de la province (PL5) va, lui aussi, avoir un effet certain sur le réseau de l’éducation et des services à la petite enfance. Si l’impact exact est, pour l’instant, difficile à cerner, on peut déjà prévoir qu’il privera le réseau des fonds nécessaires pour assurer son déploiement et pour répondre à la demande actuelle de places en garderie. Pire, le gouvernement a carrément évoqué la possibilité de transférer des éducatrices vers les nouvelles maternelles 4 ans afin de combler les besoins dans les écoles primaires, qui peinent à recruter du personnel en ce moment. Celles qui feraient le saut devraient cependant, en plus de travailler au préscolaire, suivre une formation universitaire afin d’obtenir leur brevet d’enseignement. En bref, elles devraient assumer un fardeau supplémentaire alors qu’elles sont déjà surchargées.

Enfin, le gouvernement devrait sous peu légiférer afin d’interdire le port de signes religieux pour les employé·e·s de l’État en position d’autorité, dont les enseignantes et les enseignants du primaire et de secondaire. Avant même d’avoir été adopté, ce projet de loi porte déjà préjudice aux femmes de confession musulmane qui portent le voile, en faisant planer le doute quant à leur capacité de faire preuve de neutralité (dans une situation d’enseignement, par exemple). La ministre responsable à la Condition féminine a elle-même alimenté ce climat de discrédit envers les femmes musulmanes en affirmant, le jour où elle était nommée à son poste, que “par rapport à [s]es valeurs religieuses, le hijab est quelque chose que nous ne devrions pas porter”.

Le gouvernement avait posé un geste symbolique fort en nommant un cabinet paritaire, mais ses actions des derniers mois montrent néanmoins qu’il ne se soucie peut-être pas autant qu’il n’a voulu le faire croire de l’égalité entre les Québécois et les Québécoises.

Par Julia Posca

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