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Chronique de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques

L’exploitation du pétrole gaspésien n’est pas payante pour le Québec

Publié le 5 octobre 2018


Depuis maintenant plusieurs années, on nous présente le pétrole de la Gaspésie comme étant un outil important d’indépendance énergétique et de développement économique. Ces idées ont été renforcées par la découverte, par Junex en 2012, du réservoir Forillon, dans le canton de Galt, qui serait le gisement le plus important de l’histoire du Québec.

Or, l’IRIS a obtenu copie de trois documents liés à la demande d’exploitation du pétrole de Galt qui ont été fournis au gouvernement du Québec par Junex et qui permettent d’étudier de manière plus approfondie l’effet éventuel de ce réservoir sur l’économie de la Gaspésie et du Québec. C’est à partir de ces documents que nous avons produit une note socio-économique qui analyse les résultats économiques du projet Galt en Gaspésie et dont nous fournissons ici les grandes lignes.

Rappelons que depuis 1860, malgré des traces de pétrole en Gaspésie, il n’y a jamais eu de percée majeure dans cette filiale d’hydrocarbure. Que ce soit les grosses entreprises privées comme la Gulf Oil Ltd ou l’État à travers la Société québécoise d’initiative pétrolière (SOQUIP), ou même Hydro-Québec Pétrole et gaz (une division de la société d’État), il n’a jamais été considéré rentable d’exploiter le sous-sol gaspésien. Il y a du pétrole, cependant sa concentration est trop faible ou ses coûts d’exploitation sont trop élevés.

Or, depuis le début des années 2000, le gouvernement a offert à peu de frais les droits du sous-sol gaspésien à de petites entreprises telles que Junex qui tente d’explorer le territoire. Profitant de crédits d’impôts, d’aides financières et de faibles coûts de redevances, ces entreprises espèrent découvrir le Klondike pour s’enrichir et, au passage, peut-être développer la région.

C’est d’ailleurs un peu le “pitch de vente” des dirigeants de Junex lorsqu’ils annoncent en grande pompe la découverte de pétrole dans le puits Galt numéro 4 qui avait les résultats de productivité les plus élevés de l’histoire du Québec en 2012.

Mais qu’en est-il vraiment ?

Au départ, il faut clarifier une chose ; les résultats de production de pétrole historiques au Québec, c’est bien peu de choses, selon une étude de la Netherland, Sewell & Associates inc. (NSAI) publiée dans la demande de permis déposée par Junex en 2015. On peut considérer qu’il y a environ 8,1 M de barils de pétrole qui seraient éventuellement récupérables. Cela ne veut pas dire qu’ils le seront tous ou que ce soit rentable de le faire, mais supposons que oui. Effectivement, si c’était le cas, l’ensemble de ces ressources représenterait l’équivalent de 35,3 jours de consommation d’essence au Québec. Bref, rien qui ne permette d’affirmer qu’il y aura une quelconque forme d’indépendance énergétique au Québec.

Si on regarde plus précisément la production escomptée pour les puits présentement en place dans le canton de Galt, qui comprend 4 puits de pétrole, on comprend que selon Junex, on espère extraire environ 367 000 barils sur 40 ans, soit environ 9 180 barils par année, ce qui rapporterait en tout et pour tout 2,2 M $ en redevances au total, soit environ 55 000 $ annuellement. Bref, presque rien.

En termes de retombées économiques directes pour la région, il s’agit d’environ 15,3 M $ sur 40 ans, soit 382 500 $ annuellement. Encore une fois, cela ne représente pas une importante source de développement économique. À titre indicatif, l’effet de la pêche récréative en Gaspésie et aux Îles de la Madeleine représente 11,7 M $ annuellement en PIB (p.32).

Évidemment, les espérances de Junex sont de développer en plusieurs phases le projet et espérer ajouter 25 puits aux projets. Supposons que ça marche et que les résultats soient similaires à ceux historiques déjà répertoriés, ce qui en soi constitue un acte de foi. Même dans cette situation, les 29 puits de pétrole fourniraient en redevance environ 12 M $ sur une période de 40 ans, soit 300 000 $ annuellement. En termes de retombées économiques directes, ce serait environ 2,1 M $ annuellement. Bref, toujours rien de pharaonique.

Le pétrole dans le canton de Galt, ce n’est pas le Klondike, et ça ne le sera jamais. Les seules personnes qui en profitent réellement sont celles qui ont profité des largesses du gouvernement depuis 25 ans.

Dans ces conditions, il faut arrêter d’espérer que le développement économique passe par une filière qui peine à survivre depuis 1860 et se tourner vers le financement d’une réelle transition écologique et économique régionalisée.

Par Bertrand Schepper

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