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Chronique de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques

Revenu viable 2019 : où commence la sortie de la pauvreté ?

Publié le 21 mai 2019


Comment définir la sortie de la pauvreté ? Est-on toujours pauvre lorsqu’on parvient à couvrir ses besoins de base ? Être en mesure de se nourrir, se loger ou se vêtir selon les critères les plus strictes, est-ce suffisant pour déclarer qu’une personne est “sortie de la pauvreté” ? Ces questions n’ont pas de réponses simples et malheureusement les gouvernements, tant à Québec qu’à Ottawa, prennent rarement le temps de s’y arrêter.

La pauvreté comme continuum

La vérité, c’est que l’on n’arrête pas d’être en situation de pauvreté du jour au lendemain. Il existe tout un continuum qui mène des situations les plus scandaleuses de misère, à la pauvreté, en passant par la précarité et finalement à une certaine forme d’aisance et de confort. Pourtant, nous sommes bien mal outillés pour saisir empiriquement les différentes étapes de ce continuum et cela mène à certains non-sens.

Pensons à l’adoption en décembre 2017 d’un plan de lutte à la pauvreté par le gouvernement du Québec. Il y est dit que le gouvernement vise à sortir 100 000 personnes de la pauvreté en rehaussant les prestations d’aide sociale pour les personnes avec des contraintes sévères à l’emploi. Or, en plus d’abandonner à leur sort les personnes qui ne souffrent pas de telles contraintes ou encore celles dont les contraintes ne sont pas reconnues, Québec commet une erreur dans sa définition même de la pauvreté.

L’idée du gouvernement est en fait de rehausser les prestations au niveau de la Mesure du panier de consommation (MPC). Le problème, c’est que cette mesure ne fait qu’indiquer le niveau de revenu disponible nécessaire à la couverture des besoins de base et non celui qui est nécessaire à une sortie de la pauvreté. En mélangeant l’un et l’autre, Québec s’assure de ne pas atteindre ses objectifs.

Le pire, c’est qu’à l’heure actuelle, le gouvernement canadien s’apprête à suivre la même voie en utilisant la MPC comme indicateur de référence pour l’élaboration de la Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté. Que l’on se comprenne bien : c’est une bonne chose de s’assurer que tous et toutes puissent recevoir de l’aide en provenance des gouvernements pour garantir un accès aux produits et services de base. Cependant, être en mesure de combler ses besoins vitaux ne peut être utilisé comme norme de référence afin de fixer un objectif de sortie de pauvreté.

Revenu viable 2019

Afin de corriger cette confusion néfaste, l’IRIS développe depuis 2015 un indicateur du revenu viable, c’est-à-dire un indicateur permettant de mesurer un seuil à partir duquel il est possible de considérer qu’une personne sort de la pauvreté. Pour considérer qu’une personne est sortie de la pauvreté, le fait que celle-ci soit capable de se payer le minimum vital n’est pas suffisant. Elle doit être capable de faire des choix, d’avoir une marge de manoeuvre pour les imprévus, de parvenir à mettre de l’argent de côté pour ses vieux jours, de pouvoir payer pour ses soins dentaires, etc. C’est tout cela que mesure le revenu viable, en se basant sur le coût réel de la vie dans différentes localités et en fonction des différents types de ménage. Le tableau ci-bas présente les niveaux de revenus disponibles nécessaires pour une réelle sortie de la pauvreté :

Tableau 1 : revenu viable 2019, selon le type de ménage et la ville

 

Vie digne

Pour chacun des cas présentés au tableau 1, il existe d’importants écarts entre ce que calcule la MPC (même une MPC bonifiée de 7 % en fait) et ce que révèle le revenu viable comme indicateur de sortie de pauvreté. Pour les personnes seules, il manque entre 4 685 $ et 11 691 $ à la MPC pour en faire un indicateur, non pas de couverture des besoins de base, mais de sortie de pauvreté. Pour les ménages monoparentaux, cet écart oscille entre 7 623 $ et 14 364 $, tandis qu’il se situe entre 17 380 $ et 23 692 $ pour les ménages de quatre. Ces écarts représentent le fossé qui sépare la seule couverture des besoins de l’accès à un niveau de vie digne. Il nous semble qu’avec l’indicateur du revenu viable, nous avons des fondations plus solides pour élaborer des plans de lutte à la pauvreté.

Par Philippe Hurteau

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