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Chronique littéraire

du Club de lecture de la Bibliothèque Annie St-Arneault

La dernière aventure de Long John Silver, de Björn Larsson

Publié le 29 octobre 2015


Cette nouvelle de 125 pages faisait partie initialement du roman Long John Silver de Björn Larsson. Elle relate un événement de la vie de ce pirate dans sa retraite de Madagascar. L’éditeur avait demandé à Larsson de retrancher certains chapitres trouvant le roman trop long pour soutenir l’intérêt des lecteurs.

Pensant que je faisais une bonne affaire en choisissant une si courte histoire, j’ai dû me rendre à l’évidence que je devrais lire aussi L’Île au trésor et consulter le livre de Björn Larsson (Long John Silver) pour comprendre qui était ce pirate inspirant.

L’Île au trésor

C’est un roman d’aventures, un incontournable dédié à un lectorat de jeunes garçons. Il a été écrit par Robert Louis Stevenson, un écrivain écossais né à Édimbourg en 1850, et décédé en 1894 à Vailima(Samoa). En plus de son travail d’écriture, Stevenson est un grand voyageur. Il fut un des premiers Européens à prendre la défense des indigènes des îles Samoa contre les puissances coloniales.

La première édition paraît en 1883. L’Île au trésor a d’abord été publiée sous forme de feuilleton dans un magazine britannique comme c’était souvent le cas à l’époque.

Le roman raconte les aventures du jeune Jim Hawkins parti à la recherche du butin d’une bande de pirates. L’imagerie du pirate décrite dans ce roman sera copiée à tel point qu’elle fait partie maintenant de l’imaginaire collectif.

J’insiste ici sur la figure du pirate, car c’est lui qui sera le héros dans le livre de Björn Larsson, Long John Silver, ce pirate effrayant et traitre, qui déplaît autant qu’il fascine. Il possède les attributs classiques du pirate : une jambe de bois, un bandeau sur l’oeil, un perroquet perché sur son épaule et un goût immodéré pour le rhum. Il est menteur, tricheur et cupide. Sa seule motivation est de récupérer à tout prix le trésor de Flint. Il utilisera tous les moyens même le meurtre. Malgré ces traits peu sympathiques, John Silver et Jim semblent liés dès le début du roman par une sorte d’amitié teintée d’admiration. D’ailleurs, le pirate va se porter à son secours, va le défendre lors de sa capture. C’est un véritable caméléon qui adapte son discours à son interlocuteur pour gagner sa confiance, il parvient à se tirer des pires situations. À la fin du roman, c’est le seul pirate à repartir à bord du bateau l’Hispaniola et il parviendra à s’en échapper avec une part du trésor.

John Silver conserve sa part de mystère. Le côté énigmatique du personnage, son ambivalence enflammera l’imaginaire de Björn Larsson. Ce pirate deviendra le moteur d’un premier roman Long John Silver paru en 1995.

Long John Silver

En 1742, à Madagascar, un vieux pirate à la retraite, entouré d’une garde d’anciens esclaves noirs qu’il a libérés, entreprend d’écrire ses mémoires.

Ce pirate n’est autre que John Silver, l’homme à la jambe de bois que le jeune héros de L’Île au trésor dépeignait comme hâbleur et vaguement inquiétant. Un portrait qui n’a guère plu à l’intéressé.

Et ce dernier, de rétablir la vérité, du moins sa vérité. Il évoque alors sa vie, une vie d’aventures, de bagarres, de rapines, de galanterie, de beuveries… enfin, tous les ingrédients d’une vie de pirate. Mais aussi le destin d’un homme en révolte contre les injustices de l’ordre établi, qu’il s’agisse d’enrôlement forcé ou de traite des Noirs.

Ce roman d’aventures a valu à son auteur un succès européen.

La dernière aventure de Long John Silver

Un jour, deux hommes blancs, mal en point surgissent et envahissent le domaine de Long John Silver sur l’île de Madagascar. Cet ex-pirate vit de contrebande entouré d’esclaves noirs affranchis. Lord Charles Barrington, un des rescapés, lui raconte sa vie qui n’est faite que d’opérations illicites pour s’enrichir aux dépens des autres, employeurs ou pseudo-amis. Un profit rapide pour continuer de mener une belle vie grâce à ses dons de beau parleur. Se trouvant à bout de ressources, il essaie le trafic d’esclaves. Se fiant à un journal d’un écrivain célèbre, il se retrouve sur l’île de Madagascar qui compte peu d’esclaves. Il va même épouser la fille d’un chef d’une tribu locale pour avoir plus d’influence et s’en procurer, mais celle-ci meurt de la variole. Le capitaine du bateau le trouvant vraiment fou l’abandonne sur l’île avec quelques compagnons d’infortune qui meurent dès le début, le laissant seul avec un seul marin accusé de mutinerie.

Constatant la richesse du pirate, il tente de lui emprunter de l’argent pour se remettre à flot. Barrington est bien offusqué que le compagnon de John, un Noir affranchi, mange avec eux. Il se permet même de commenter les marques laissées par les coups de fouet qu’il a reçus.

Le pirate le trouve très arrogant et aimerait bien lui régler son compte, mais il a passé l’âge. Il convoque alors un chef de l’île, l’Homme aux nombreux sujets. John Silver lui vend le lord comme esclave afin qu’il apprenne la discipline.

Commentaire

Si Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers, par contre les pirates sont éternels et écrivent leurs mémoires.

La particularité des deux romans, c’est de perpétuer dans notre imaginaire l’existence des deux protagonistes de L’Île au trésor, Jim Hawkins et Long John Silver. Au début du roman, on pourrait dire une longue nouvelle (125 pages), Jim nous raconte ce qu’il est devenu. Avec le temps, il a réussi à oublier les cauchemars dans lesquels l’horrible chanson résonne encore à ses oreilles :

Quinze matelots sur le coffre du mort…
Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum !
L’alcool et le démon ont tué les moins forts,
Yo-ho-ho ! et une bouteille de rhum !

Les années passent et il se demande s’il a imaginé les événements de L’Île au trésor.

Un jour, il reçoit la visite d’un certain capitaine William Cunningham qui lui remet un épais manuscrit écrit de la main de John Silver. Celui-ci lui a demandé de donner ce document à Jim avant de se faire sauter avec sa forteresse. Jim fait publier ces écrits sous le titre de Long John Silver : la relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité. Le livre se vend bien et Jim voit son magot se gonfler de plusieurs centaines de livres sterling.

Se croyant désormais à l’abri, qu’elle n’est pas sa surprise de recevoir une nouvelle lettre de la main du pirate qui lui révèle qu’il n’est pas mort et qu’il profite de l’existence malgré certains ennuis de santé reliés à son âge. Il lui confirme qu’il sait que Jim a profité de son histoire pour s’enrichir un peu plus, mais qu’il ne lui en veut pas. L’épisode instructif de sa vie qu’il lui envoie saura sûrement le faire réfléchir, lui dit-il. Il pourra même en tirer quelque profit.

Cet échange amusant entre les deux protagonistes nous les fait aimer davantage et ils sont plus présents à notre esprit, presque vivants.

J’ai aimé et je me suis attachée à ces personnages. Une lecture facile et intéressante.

On découvre tout l’attachement de Björn Larsson pour les thèmes de la mer, du voyage et des pirates.

Donc, ne croyant lire qu’un court opus, j’ai dû plonger dans 3 romans. Belle réussite, Björn Larsson !

Biographie de Björn Larsson

Depuis la publication de son roman Long John Silver en 1995 (version française) qui retrace la vie du héros de L’Île au trésor de Stevenson, traduit en dix langues, Björn Larsson est devenu l’un des écrivains suédois contemporains les plus connus à l’étranger. Écrivain à la plume bohème, chacun de ses ouvrages est une invitation au voyage.

Cet auteur est né à Jönköping en 1953, il a vécu aux États-Unis, en France, en Irlande, dont six ans à bord d’un bateau à voile, le Rustica. Navigateur chevronné, il a parcouru les mers du Nord, de l’Écosse à l’Irlande, du pays de Galles à la Bretagne et à la Galice. Professeur à l’Université de Lund en Suède, Björn Larsson est aussi traducteur du danois, de l’anglais et du français, philologue et critique.

Bibliographie

Le Cercle Celtique (Denoël mars 1995, Folio octobre 1998, 2014) roman policier

Long John Silver (Grasset avril 1998, livre de poche février 2001)

Le Capitaine et les rêves (Grasset mars 1999, livre de poche 2002)

Le mauvais oeil (Grasset mars 2001, livre de poche avril 2005)

La sagesse de la mer, Du Cap de la colère du bout du monde (Grasset mai 2002, livre de poche novembre 2005)

La véritable histoire d’Inga Andersson (Grasset avril 2004, livre de poche avril 2006)

Besoin de liberté (Seuil février 2006)

Huit nouvelles Collectif (Calmann-Lévy décembre 2008)

Les rêves du philologue. Nouvelles sur la joie de la découverte (Grasset avril 2009)

Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers (Grasset 2012)

La dernière aventure de Long John Silver (Grasset mai 2014)

Danielle Roy, membre du club de lecture de la Bibliothèque Annie St-Arneault

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