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Chronique littéraire

du Club de lecture de la Bibliothèque Annie St-Arneault

L’ami retrouvé, de Fred Uhlman

Publié le 17 février 2016


Stuttgart, Allemagne, février 1932.

Hans Schwartz est étudiant au Karl Alexander Gymnasium, lycée très renommé. Son père est un médecin très apprécié dans la ville. Il est juif. Un après-midi, le professeur fait entrer un nouvel élève : Conrad Graf von Hohenfels, issu d’une vieille famille aristocratique du sud-ouest de l’Allemagne.

Tout dans son allure impressionne : ses vêtements de bonne coupe, le tissu dont ils sont faits, le maintien. Hans et Conrad sont du même âge, 16 ans, et sont timides de nature. Ils sont tous deux enfants uniques et n’ont pas d’amis. Pourtant Hans s’entend bien avec ses camarades, mais il est trop exigeant en amitié. Hans se sent attiré par Conrad et veut devenir son meilleur ami. Pour cela, il trouve des moyens pour l’attirer : il participe à de grandes discussions en classe sur la littérature et il apporte des spécimens de sa collection de monnaies en classe. Deux choses qui suscitent la curiosité de Conrad.

Et voilà que le 15 mars, Conrad aborde Hans sur le chemin de retour de l’école. Cette date est mémorable pour Hans, car c’est le début de nombreuses rencontres où ils ont de bonnes discussions. Puis un jour Hans invite Conrad à venir chez lui. Hans ne veut pas présenter son nouvel ami à ses parents : il veut le garder pour lui, mais il n’a pas le choix, ses parents sont là. Accueil naturel de la part de la mère, accueil plus guindé de la part du père (qui connaît l’histoire de la famille Hohenfels). Les 2 garçons deviennent inséparables. Conrad prend l’habitude de venir 4 fois semaine chez Hans. Cependant, il s’écoule plusieurs mois avant que Conrad invite son ami chez lui et toutes les fois les parents de Conrad sont absents. Hans trouve cela bizarre… d’autant plus qu’il a cru voir une photo d’Adolf Hitler sur une commode dans une des chambres.

Des rumeurs de perturbations politiques à Berlin entre nazis et communistes circulent, mais Stuttgart est éloigné et cette agitation n’inquiète pas vraiment les gens qui sont si fiers de leur ville… ville d’art où la musique est très présente. Lors d’une soirée à l’opéra, Conrad fait mine de ne pas voir Hans. Les parents de Conrad sont richement parés : diadème de diamants pour madame et décorations étoilées pour monsieur. Hans pense que son ami a honte de lui. Le lendemain, Hans questionne Conrad et celui-ci avoue que sa mère hait les Juifs et elle ne voit pas d’un bon oeil la relation d’amitié entre les 2 adolescents. Conrad ne lui a pas dit de peur de le blesser ! Peu à peu les visites de Conrad s’espacent.

Après les vacances d’été, des signes apparaissent dans leur ville : affiches contre les Juifs, contre les communistes, des croix gammées… Le père de Hans décide de l’envoyer aux États-Unis chez un cousin pour qu’il y fasse ses études universitaires, car il soupçonne que son fils est sujet à des insultes au lycée. Ce qui est le cas.

C’est ainsi qu’en janvier, Hans quitte seul l’Allemagne. Avant de partir, il a reçu une lettre de Conrad où il lui dit toute son amitié. Conrad a confiance en Hitler pour protéger l’Allemagne du bolchevisme. Hitler saura différencier les bons Juifs des mauvais. Il pense que son ami pourra revenir dans quelques années. Il espère le revoir.

Trente ans plus tard : Hans est devenu un brillant avocat gradué de Harvard. Il n’est jamais retourné en Allemagne. Il s’est marié et est père d’un enfant. Il reçoit une lettre de son ancien lycée d’Allemagne, le Karl Alexander Gymnasium : campagne de fonds pour l’érection d’un monument aux morts à la mémoire des élèves du lycée tombés lors de la 2e guerre mondiale. La liste des victimes (400) suit en ordre alphabétique. Tout d’abord, il ne veut rien savoir, mais à vrai dire il a peur de savoir ce qui est arrivé à Conrad. Il saute la lettre H pour finalement se décider et lire : Von Hohenfels, Conrad, impliqué dans le complot contre Hitler. Exécuté.

Commentaires

Un tout petit livre, mais quel contenu !!! Avant tout, c’est un livre sur l’amitié entre 2 ados et cette amitié n’a duré qu’une année… mais comme cette amitié a été forte ! Cette complicité dans les lectures (surtout des auteurs classiques de toute nationalité et poètes), ces discussions à n’en plus finir, ces promenades dans les belles montagnes du Wurtemberg (sud-ouest de l’Allemagne), ces escapades les fins de semaine dans les auberges anciennes de la Forêt Noire ou au lac de Constance ont fait leur bonheur. Personne ne pouvait entrer dans leur bulle !

C’est aussi un livre à saveur historique si on a la curiosité d’en savoir plus sur la famille Hohensfels, sur Frédéric premier de Hohenstaufen dit Barberousse, sur la Souabe, sur l’ancien état du Wurtemberg, sur la ville de Stuttgart que l’auteur décrit avec beaucoup d’amour comme étant une super de belle ville où les arbres fruitiers poussent en pleine ville, où les collines regorgent de vignes. La nature est beaucoup présente dans ce récit. Ces descriptions et l’attachement des citadins à Stuttgart donnent le goût d’aller visiter cette région de l’Allemagne. Et bien sûr, pour finir la montée du nazisme à travers le pays en 1932.

J’ai compris seulement à la dernière phrase du livre pourquoi l’auteur avait donné le titre “L’ami retrouvé” à son récit. J’ai beaucoup, beaucoup aimé et son écriture (concise) et sa façon de traiter le sujet de l’amitié à l’adolescence.

P.S. Stuttgart a été détruite au 3/4 lors de la 2e guerre mondiale.

Biographie de Fred Uhlman

Né en 1901 à Stuttgart en Allemagne et mort en 1985 à Londres. Il est avocat en Allemagne lorsque Hitler arrive et il la quitte en 1933 pour échapper au sort qui attend les Juifs. Sa famille sera exterminée. Il se rend en France où il fréquente les artistes ayant lui-même un talent certain pour la peinture. Il se rend ensuite en Espagne où la vie est moins chère. Il y rencontre sa future épouse, fille d’un membre du Parlement anglais. Comme cela coïncide avec les premiers signes de la guerre civile, les Anglais doivent rentrer en Angleterre. Il s’adapte bien au pays. Sa maison devient un centre pour les réfugiés intellectuels et pour la gauche espagnole. En juin 1940, il est arrêté et emprisonné sur l’Île de Man par les Britanniques, considéré comme suspect vu son origine allemande. Il y a été bien traité. À sa libération, il continue de peindre, est naturalisé britannique.

Ses oeuvres

- Captivity, Londres, Jonathan Cape, 1946

- The making of an Englishman, Londres, Victor Gollancz, 1960 ; publié en français sous le titre Il fait beau à Paris, Paris, Stock, 1985

- Eating and Drinking, Londres, Victor Gollancz, 1960

- Reunion, Londres, Adam Books, 1971 ; nouvelle édition avec une introduction d’Arthur Koesler, Londres, 1977 ; publié en français sous le titre L’ami retrouvé, Gallimard, 1978. Ce récit est le sujet d’un film paru en 1989 sous son titre anglais : une production franco-germano-britannique.

- Beneath the Lighting and the moon, Londres, Duckworth, 1984 ; publié en français sous le titre Sous la lune et les étoiles, Paris, Stock, 1986

- No Coward Soul and No Resurrection, please, 1985 ; publié en français sous le titre La lettre de Conrad suivi de Pas de résurrection, s’il vous plaît, Paris, Stock, 1986

Ginette Scarpino, membre du club de lecture de la Bibliothèque Annie St-Arneault

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