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Maman a raison

Chronique de Maman a raison

 

Maman a raison… Des fois oui et des fois non.

Publié le 28 septembre 2015


Avec mon fils de 17 ans, j’ai plus souvent raison, avec ma fille de 10 ans, pas si souvent. Avec mon chum, tout le temps… ou presque ! Mon amoureux a compris, il choisit ses batailles ! Avoir raison comme parent, est-ce si important ? Est-ce que l’autorité à tout prix fait partie de votre quotidien ? Détenez-vous la vérité absolue ? Êtes-vous du style : “My way or no way !” ? “Voici ce que j’attends de toi”, dit-elle à son enfant en pointant son gros index à un pouce de son petit nez. Je suis certaine que comme moi, dans votre entourage, il y a des gens qui doivent absolument avoir raison tout le temps, c’est dans leurs gènes.

Personnellement, c’est totalement le contraire. C’est plus fort que moi. J’ai beaucoup de difficulté avec l’autorité parentale. C’est une de mes grandes faiblesses. Je n’ai, par contre, aucune difficulté à dire non lorsqu’une de leurs demandes n’est pas logique. Mais pour les punitions, les tableaux qu’on installe à la vue de tous avec les petites étoiles qu’on ajoute… “Si tu ranges ta chambre, si tu ramasses ta vaisselle sale après les repas, si tu ramasses la crotte du chien, etc.” Ça ne fonctionne juste pas, chez nous.

Pourtant, j’ai essayé. Au fil des ans, mes enfants sont allés réfléchir quelques fois sur le banc de bois du salon. Ils ont fait des petits tours dans leurs chambres de temps en temps. Mais pas plus. Comprenez-moi bien, je ne suis quand même pas la mère de Caillou ! Toujours calme et docile, “Caillou, mon chéri, tu as frappé Mousseline !”, lui dit sa maman, en frottant tendrement son crâne chauve ! Non, non ! Quand ils font des mauvais coups, je me fâche, je parle fort et parfois je boude. Pour l’instant, c’est une technique qui fonctionne plutôt avec mon fils, sa soeur est encore, à 10 ans, au stade des petites gaffes cutes. Quand je suis trop en grrr, je ne lui parle plus pour quelques heures et j’ai un air bête. Il déteste ça quand je ne suis pas de bonne humeur et que je l’ignore après une de ses super niaiseries. Alors, pendant que maman fait la baboune, il repense à ce qu’il a fait ou pas fait et il finit, la plupart du temps, par venir me voir avec une explication, une solution, qu’il ne met pas toujours en pratique, des regrets et le traditionnel “j’m’excuse tellement”…

Je suis une boule d’émotions, donc lorsqu’un drame arrive, je réagis comme décris plus haut, et ensuite, je prends quelques minutes pour me calmer et réfléchir. En passant, quand je boude, c’est parce que je ne sais pas quoi faire d’autres sur le moment ! Quand je suis prête, j’explique mon point de vue et je décortique la situation en utilisant des exemples concrets, qui frappent l’imaginaire. Petit exemple tout simple : “Aimerais-tu ça que moi, je me décrotte le nez pendant que je cuisine ton repas, sans me laver les mains ? Non, hé ? Ce serait dégueulasse en titi, ben va laver tes petits doigts gluants, S.V.P.”.

Je suis plus du côté “on discute”. Ils font une stupidité, je parle en premier (la longue morale, explication entre le bien et le mal), ensuite ils m’expliquent et j’écoute leurs versions des faits. Et vous savez quoi ? Si les enfants ont raison, je n’ai aucun problème à changer d’idée. Si c’est moi qui ai sauté un plomb pour rien (vous savez la fatigue, les PMS !), si je suis dans le tort, je n’ai aucune difficulté à reculer. Même à m’excuser de ma réaction. Pour moi, c’est de toute évidence, ça, la justice. C’est tellement important qu’ils comprennent ça. Dans la vie de tous les jours, si tu fais ou tu dis quelque chose d’étrange, tu as le droit d’expliquer la raison du pourquoi. Je ne veux pas que mes enfants grandissent en se faisant marcher dessus. Je veux qu’ils comprennent qu’ils ont le droit de parler et de s’expliquer.

De la maison à l’école

Quand mon fils était en secondaire 4, il devait, pour son cours de français, reproduire un extrait de roman en jouant une scène avec un groupe de 4 étudiants. La scène devait être filmée et présentée en classe. Toujours à la dernière minute, mon fils et son équipe (2 autres gars et une fille) décident finalement de faire leur film la veille de la date prévue pour remettre leur travail. Ils le font un soir de semaine, à la maison de la fille. Mon fils me dit le lendemain, que leur film “n’est pas terrible”, qu’ils ont terminé tard avec le montage et tout le tralala. Que tout le monde était fatigué et que ça niaisait pas mal sur le plateau de tournage ! That’s it, that’s all. Rien de plus. Conversation normale. Pas de fait étrange…

La semaine suivante, je reçois un appel de la directrice d’école. “Madame, votre fils est accusé d’avoir produit un document contenant des références sexuelles explicites. C’est très grave.”, me dit-elle, avec sa voix sérieuse et pleine de reproches. Horreur ! Mon coeur se met à battre de plus en plus fort, je transpire, je ne comprends pas. Quoi ? Elle m’explique que le fameux film pour le cours de français contenait un bout ou l’un des garçons semblait mimer un “cunnilingus” à la fille. Pas mon fils, il tenait la caméra, dit-elle, mais il est aussi coupable que les autres. Elle me parle du malaise profond de la prof de français, son malaise à elle en voyant le film, elle n’en croyait pas ses yeux… “Il aura à son dossier une lettre décrivant la sexualité explicite exploitée à l’école.”

En passant, l’école a communiqué avec les parents sans parler aux fautifs, sans demander d’explications aux enfants. Ils étaient coupables. C’était évident… Je raccroche en m’excusant mille fois, en promettant que mon fils passera un mauvais quart d’heure… Ben voyons donc ! Là, je capote. Je ne comprends pas. Ça se peut juste pas, que mon gars présente du “porn” à l’école, devant sa classe. Yé cave pas mal souvent (un ado c’est souvent pas vite, vite !), mais pas cave à ce point-là. Mon fils, que je pensais bien connaitre… C’est qui ? Un “Ron Jeremy” en devenir, une future star du cinéma érotique. Dans ma tête, c’est rock’n roll… Je veux voir le film en question, comprendre et agir.

“Dick Diggler” arrive enfin de l’école. Il voit ma face et tout de suite il sait que ça ne va pas. “Qu’est-ce que j’ai encore fait ?” Je lui explique la situation. Il tombe littéralement en bas de sa chaise. Couché sur le plancher de cuisine, la face rouge de colère, il n’en croit pas ses oreilles. “Sont folles, maman ! Y’a rien de sexuel dans notre film. Rien. Je peux même pas penser à un bout qui ferait même allusion au sexe, pis, crois-moi, à mon âge, je peux imaginer du sexe partout !” Et de poursuivre : “OK, mom, je te montre le stupide film tout de suite et trouve moi du sexe là-dedans”, me dit-il sérieux comme un guerrier prêt à défendre son honneur. “Maudits adultes qui voient du mal dans tout. Sérieux !”, ajoute-t-il.

On s’installe à l’ordi. À voir sa réaction, je m’étais calmé, car je connais trop bien sa face quand il est dans le trouble, et là, y’avait pas sa face de trouble, c’était sa face d’enragé au cube. Madame la directrice m’avait décrit le bout cochon alors je savais exactement à quoi m’attendre. La scène arrive et je dis à mon fils “c’est là !”. La caméra filme les deux personnages de face. On voit, une table, une chaise, sur laquelle est assis le garçon qui joue le suspect, et derrière le suspect, la fille qui joue une inspectrice de police. L’inspectrice est presque assise sur le coin de la table, et l’une de ses jambes se balance dans le vide. Le suspect, toujours assis sur la chaise devant l’inspectrice, répond aux questions qu’elle lui pose. Tous deux parlent donc à la caméra. Le suspect bouge la tête de temps en temps, tout en ouvrant et fermant sa bouche bizarrement quand c’est au tour de la fille de parler. C’est tout. C’est ça le cunnilingus.

Mon fils me regarde avec la face en point d’interrogation. “Ce gars-là était tellement fatigué et plus capable de faire les scènes, maman, il n’arrêtait pas de niaiser. Et en plus, c’est un gars qui a plein de tics nerveux, il fait des faces bizarres à longueur de journée. Avoir eu les couilles de faire allusion au sexe pour un film d’école, ça aurait été clair. Tant qu’à être dans le trouble… C’est tellement idiot leur histoire”, m’explique mon gars.

À moins de manquer d’imagination big time, je ne vois aucun sexe ou allusion au sexe. Je regarde la séquence plusieurs fois, je montre le film à tout le monde chez nous, à mes amies, à mes voisins. Je fais un sondage. Personne ne voit de sexe là-dedans… Juste un ado qui bouge “pas rapport”. Je donne normalement toujours raison aux enseignants. Ils font un travail pas facile de nos jours et ils ont mon plus grand respect. Mais là, la prof et la direction étaient carrément dans le champ gauche. J’appelle les parents des autres enfants qui avaient, eux aussi, reçu l’appel de l’école. Tout le monde était d’accord. Quelle injustice pour nos supposés délinquants sexuels ! On demande une rencontre entre parents, l’enseignante de français et la directrice.

Le dénouement

Un paquet de parents frustrés sortirent de cette réunion. La direction ne changerait pas son opinion. Les enfants auraient le droit de refaire la scène en question sans pénalité, mais la fameuse lettre resterait dans leur dossier scolaire jusqu’à la fin de leur secondaire. Point. De retour à la maison, son père et moi avons discuté et remis les pendules à l’heure avec notre fils. Il n’était pas content du tout de trainer cette stupide lettre pour rien… “Elles sont juste deux femmes frustrées… Blablabla !” Ça été ça, sa conclusion, dans sa petite tête de 15 ans. L’orgueil a joué un très grand rôle dans le dénouement de cette histoire. L’école ne voulait pas perdre la face après avoir agi de si mauvaise façon. Je m’en suis remis. Mon fils aussi. Et enfin, il a terminé son secondaire.

La morale de cette histoire

Le collège avait la chance de reculer, de s’excuser d’avoir téléphoné aux parents avant même de parler aux étudiants. Il pouvait expliquer aux jeunes que la perception de chaque individu est différente, et que parfois, des choses qui peuvent paraître anodines pour certains ne le sont pas pour d’autres. Que parfois tout n’est pas clair pour tout le monde en même temps ! Qu’on doit souvent justifier ses actions ! La directrice avait la porte grande ouverte pour donner la meilleure leçon d’humilité au monde, les ados s’en seraient souvenus toute leur vie. Tourner ça en : “OK, on comprend maintenant, mais la prochaine fois, travaillez de façon plus sérieuse.” De mon côté, j’aurais été bien impressionnée ! Y’a pas un proverbe qui dit : “Faute avouée est à moitié pardonnée ?’’

Voilà pourquoi je parle à mes enfants. Je les écoute quand ils essaient de se sortir d’un mauvais pas. Ils donnent leur version des faits et ils sont bien mieux de s’arranger pour que leur histoire se tienne devant le grand jury (papa et moi) parce que je ne les lâche pas jusqu’à ce que je comprenne. Quand les profs, lors des rencontres de parents, me mentionnent que : “Votre enfant a une intelligence émotionnelle hors du commun. Il s’exprime tellement bien…”, je me dis que ma technique doit quand même marcher. Il faut être fière de nos petites victoires. Youppi ! Mes enfants savent parler et se défendre !

On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a ! Peu importe comment on s’y prend, l’important c’est que ce soit fait avec amour, patience, si possible, et pour le mieux-être de notre progéniture… Bon courage créatrices et créateurs de terriens et à la prochaine !

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