À l’attention de Mme Michèle Nadon, en réponse à ses propos dans l’article “C’est une grosse problématique à La Tuque”, paru dans le Nouvelliste du 22 août et ses explications du 3 septembre.
Vos propos Mme Nadon laissent un goût amer, celui de l’injustice. Évidemment comme individu vous avez droit à vos opinions, cependant dans votre rôle de coordonnatrice d’un organisme de travailleurs de rue, vos propos d’une grande irresponsabilité laissent entrevoir une étroitesse d’esprit et un manque de respect intolérable.
Personne ne nie le problème de consommation qui sévit dans notre région, incluant les communautés atikamekws, mais en attribuer l’ampleur aux jeunes Atikamekws comme vous l’avez fait est d’une mesquinerie à peine croyable ! Vous nous dites maintenant que vous et le journaliste qui a recueilli vos propos ne vous êtes pas bien compris. Admettons qu’il en soit ainsi, que penser de la partie bien identifiée comme citation ? C’est un euphémisme de dire que ces paroles ont blessé profondément beaucoup de gens.
Pouvons-nous comme habitants de cette région nier notre part de responsabilité face à ce phénomène qui sévit depuis si longtemps, sans distinction d’ethnie, de profession ou de religion ? Où étiez-vous donc pendant ces quarante dernières années, Mme Nadon ? Votre vision étroite vous empêche-t-elle de détecter les mêmes problèmes que vivent aussi certains allochtones eux aussi dotés de parents absents ou aux prises avec des problèmes de consommation au même titre que certains Atikamekws ?
Comme vous l’avez vous-même mentionné, pendant que vous ne pouvez pas faire grand-chose pour combattre le fléau qui touche notre région, des intervenants sont à l’oeuvre à La Tuque et dans les communautés. Nous les appelons les Guerriers Soignants. Beaucoup sont Atikamekws, certains Innus, d’autres Cree. Ils combattent sur une base régulière dans le cadre d’un programme de thérapie, mais aussi bénévolement en dehors de leurs heures de travail. Leurs actions sèment l’espoir et fait à souligner, ils accueillent aussi des allochtones dans leurs cercles de guérison. Et voici, Mme Nadon, 7 dons sacrés qui sont à la base même du principe holistique qu’ils utilisent qui pourraient vous aider à mieux coordonner vos propos :
L’amour, le respect, la compassion, l’humilité, l’honnêteté, la confiance et la sagesse.
Nous espérons sincèrement que le drame qui a provoqué ces prises de position aura pour effet de créer une réflexion profonde en chacun de nous, car ce phénomène de consommation nous concerne tous sans exception. La population de La Tuque, communautés atikamekws incluses, est composée d’humains avec chacun leur vécu et la force qui en découle. La nation atikamekw dans ce dossier a subi plus que sa part d’injustice. Pour avoir côtoyé les Atikamekws toute notre vie jamais le fait de vivre à proximité de leurs communautés ne pourra représenter une menace pour nous. Il devient impératif d’unir nos forces pour que notre milieu de vie ne soit plus un lieu de prédilection pour les “dealers” parce que tous nos enfants ont le droit d’être heureux.
Luc et Marlen Tremblay
La Tuque, secteur La Croche
Monsieur Luc et Madame Marlen Tremblay, je comprends votre frustration et j’avoue que j’ai usé de maladresse dans mes propos en faisant distinction d’ethnie comme vous le mentionnez et que ce n’est pas très professionnel de ma part. Un entretien téléphonique avec un journaliste ne nous laisse pas le temps de corriger certaines bourdes surtout sans savoir ce qui sera rédigé.
Pour ce qui est de l’ampleur aux jeunes attikameks, concernant les parents de jeunes consommateurs, je n’ai jamais mis l’emphase plus sur les autochtones que sur les allochtones. J’ai été la première surprise de constater que l’emphase était mise sur les autochtones et choquée qu’on n’ait pas rapporté mes propos comme je les avais mentionnés.
Pour terminer, ceux qui me connaissent savent très bien que je ne suis pas raciste, loin de là et que les sept dons sacrés que vous mentionnez (amour, respect, compassion, humilité, honnêteté, confiance, sagesse) sont à la base de ma constante quête ici-bas. Mais comme je ne suis pas encore parfaite, je commets des erreurs et j’en suis désolée.